Des banques russes exclues de SWIFT

Sanctions internationales Des banques russes exclues de SWIFT

L’Allemagne et ses alliés internationaux ont décidé samedi d’exclure des banques russes du système SWIFT. Dès la nuit de vendredi, les 27 chefs d’État et de gouvernement de l’UE se sont réunis pendant six heures pour un sommet de crise. Ils se sont entendus sur un train de sanctions de grande ampleur à l’encontre de la Russie, en réaction à l’attaque perpétrée contre l’Ukraine.

Kanzleramt

Les sanctions contre la Russie ont été une nouvelle fois renforcées. En signe de solidarité, le drapeau de l'Ukraine a également été hissé devant la Chancellerie fédérale.

Photo : Bundesregierung/Bergmann

En réaction aux agressions continues des forces armées russes en Ukraine, les États-Unis, la France, le Canada, l’Italie, le Royaume-Uni, la Commission européenne et l’Allemagne ont adopté samedi de nouvelles sanctions financières dures contre la Russie. Ainsi, toutes les banques russes déjà sous le coup de sanctions de la communauté internationale, et d’autres banques russes si nécessaire, se voient exclues du système international de paiement SWIFT. Ces institutions seront ainsi déconnectées des flux financiers internationaux, ce qui entravera massivement leur action à l’échelle mondiale.

Restreindre les transactions financières

Par ailleurs, les pays ont convenu de restreindre encore davantage les possibilités de la banque centrale russe de soutenir le cours du rouble par des transactions financières internationales. Les sanctions adoptées concernent en sus des personnes et entités qui, en Russie et ailleurs, soutiennent la guerre contre l’Ukraine. Il doit notamment être mis un terme à la possibilité pour les Russes fortunés de se procurer, ainsi qu’à leurs proches, un passeport dit « doré » afin d’acquérir une nationalité européenne.

En outre, un groupe de travail comprenant des représentants des États-Unis et de l’Union européenne est créé en vue de garantir une mise en œuvre rapide des sanctions et de geler les avoirs des individus sanctionnés, de leurs familles et des entreprises concernées. Les pays ont souligné leur volonté de prendre d’autres mesures si la Russie refusait de mettre fin à ses attaques contre l’Ukraine, et ainsi contre l’ordre de paix européen.

Sanctions de l’UE contre la Russie

« Aujourd’hui est un jour très difficile pour la paix en Europe », a constaté jeudi le chancelier fédéral Olaf Scholz en amont de la réunion à Bruxelles des 27 chefs d’État et de gouvernement. Tout dépend donc de l’action concertée et ferme des pays membres de l’UE, a-t-il ajouté.

Lors de la réunion de crise, qui a duré six heures, le Conseil européen a résolument condamné l’agression militaire injustifiée de la Russie contre l’Ukraine. Les chefs d’État et de gouvernement se sont également entendus sur un nouveau train de sanctions renforcées contre la Russie.

Les sanctions ciblent l’économie russe et l’élite politique du pays. Elles regroupent notamment cinq domaines :

  • Secteur financier : 70 % du marché bancaire russe et des entreprises publiques majeures – y compris dans le domaine de la défense – sont coupés des principaux marchés des capitaux.
  • Secteur de l’énergie : En particulier, des interdictions d’exportation sont adoptées qui rendent impossible à la Russie de moderniser ses raffineries de pétrole.
  • Secteur des transports : La vente d’avions et d’équipements aux compagnies aériennes russes est interdite.
  • Secteur industriel : L’accès de la Russie aux technologies de pointe, telles que les semi-conducteurs ou les logiciels les plus modernes, est restreint.
  • Délivrance de visas : Les diplomates et groupes associés ainsi que les hommes et femmes d’affaires perdent leur accès privilégié à l’Union européenne.

Le train de sanctions devra encore être formellement adopté vendredi par le Conseil de l’Union européenne. L’UE fait ainsi face de façon unie et déterminée aux actions militaires de la Russie qui représentent une violation massive du droit international et nuisent à la sécurité et à la stabilité en Europe et dans le monde.

Retrouvez ici le texte des conclusions du Conseil européen.

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