Réaction ferme des ministres européens des Affaires étrangères

Ukraine Réaction ferme des ministres européens des Affaires étrangères

L’Union européenne riposte au référendum sur le rattachement de la Crimée par des sanctions contre la Russie. Réunis à Bruxelles en Conseil des affaires étrangères, les ministres ont pris des mesures en conséquence.

Frank-Walter Steinmeier à la tribune

Le ministre fédéral des Affaires étrangères à Bruxelles

Photo : picture alliance / AA

Le 6 mars, la réunion extraordinaire des chefs d’État ou de gouvernement sur l’Ukraine avait adopté une stratégie de riposte graduée, dont la deuxième étape entre en vigueur. Elle prévoit de geler les avoirs de certaines personnes et de les empêcher de pénétrer sur le territoire de l’UE. Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, a souligné que le moment était venu d’émettre des « messages sans équivoque ».

Des restrictions pour des responsables politiques et militaires russes

M. Steinmeier a fait savoir que ces sanctions concernaient 13 personnalités de Russie et 8 dirigeants criméens. Elles sont prises pour six mois. Le ministre fédéral des Affaires étrangères a ainsi confirmé en marge de la réunion avec ses homologues européens les informations fournies auparavant par des diplomates.

Dans un premier temps, 21 personnes figurent sur cette liste de sanctions. Toutes sont responsables, de façon très diverse, de l’escalade de la situation durant ces derniers jours. Sur les 13 personnalités russes, 10 sont députés de la Douma et membres du Conseil de la Fédération, et les trois autres sont de hauts responsables militaires, dont le commandant de la flotte en mer Noire.

La réaction de l’UE est calculée de façon, d’une part, « à être bien comprise en Russie » et, d’autre part, « à laisser ouvertes toutes les voies et possibilités permettant d’empêcher une nouvelle escalade de la situation susceptible de mener à une division de l’Europe », avait déclaré M. Steinmeier avant le début de la réunion.

Un message fort à la Russie

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a parlé du « message le plus fort possible » de l’Union européenne à l’adresse de la Russie, « parce que nous voulons être sûrs que la Russie comprenne combien la situation est grave ».

Les États-Unis ont eux aussi adopté des restrictions de visas et des gels d’avoirs. Sept hauts fonctionnaires russes et quatre responsables politiques ukrainiens sont touchés par ces sanctions, notamment le président ukrainien déchu Viktor Ianoukovitch.

Une mission d’observation de l’OSCE, objectif inchangé

M. Steinmeier a réitéré la demande faite à la Russie d’écarter ce qui fait obstacle à l’envoi d’observateurs de l’OSCE, et ce, rapidement. Selon lui, c’est la seule façon dont la Russie puisse prouver ce qu’elle a annoncé au cours de plusieurs conversations téléphoniques, à savoir qu’elle est prête à renoncer à toute activité s’étendant à l’est et au sud de l’Ukraine.

La chancelière fédérale Angela Merkel avait déjà abordé ce sujet dimanche au cours d’une autre conversation téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine.

Un référendum contraire au droit international

Lors d’une conférence de presse gouvernementale à Berlin, le porte-parole du gouvernement fédéral, Steffen Seibert, avait déclaré que l’Allemagne considérait comme « illégal » le référendum sur le rattachement de la Crimée à la Russie. Et il avait souligné que la façon dont ce référendum s’était déroulé allait à l’encontre des exigences élémentaires auxquelles doit répondre un vote libre et juste.

Il n’y avait absolument aucune possibilité de voter pour le statu quo, avait-il ajouté, avant d’insister sur le fait qu’il y avait notamment tout lieu de critiquer la présence militaire massive et les mesures d’intimidation à l’égard de ceux qui exprimaient des opinions pro-ukrainiennes.

Néanmoins, M. Seibert avait conclu en ces termes : « Le gouvernement fédéral ne relâchera pas ses efforts diplomatiques destinés à désamorcer la crise et à faire respecter la souveraineté ukrainienne. »