Politique migratoire : trouver des réponses communes

Interview estivale d'Angela Merkel sur ZDF Politique migratoire : trouver des réponses communes

La chancelière fédérale Angela Merkel réclame des efforts supplémentaires en Allemagne et en Europe afin de gérer le nombre croissant de réfugiés. Dans une interview à la deuxième chaîne de télévision allemande ZDF, elle a estimé que la situation n'était « absolument pas satisfaisante ».

Interview estivale de la chancelière fédérale le 16 août 2015

Angela Merkel : l'Europe a besoin d'une politique d'asile commune

Photo : Bundesregierung/Steins

Les questions de savoir comment procéder avec les réfugiés ou encore si l'on parviendrait à résoudre les guerres civiles par des solutions diplomatiques « sont des questions qui vont nous occuper bien davantage que la Grèce et la stabilité de l'euro », a affirmé Angela Merkel dans une interview estivale à la chaîne allemande ZDF.

Le nombre croissant de demandeurs d'asile et de réfugiés représente pour l'Allemagne « un immense défi ». La Fédération, les Länder et les communes doivent coopérer sur ce sujet et trouver ensemble des réponses. « Mais nous ne pouvons pas en trouver si nous travaillons à notre façon habituelle », a déclaré Mme Merkel, ajoutant que « nous devons tenter de mobiliser toutes les réserves de personnel ».

Selon la chancelière, la priorité doit être attribuée à l'aménagement de camps d'accueil. Il s'agit en outre de remplacer au moins les tentes par des préfabriqués et d'accélérer les procédures d'asile, en particulier pour les réfugiés en provenance des Balkans.

La plupart des pays des Balkans occidentaux sont actuellement en négociation pour intégrer l'Union européenne. Les conditions de vie n'y sont pas les mêmes qu'en Syrie, où la population est persécutée. « Nous devons cependant aider ces pays de manière plus efficace. » L'Allemagne apporte par exemple son soutien à travers des offres de formation. La chancelière fédérale a annoncé sa participation à la Conférence des Balkans occidentaux en août.

L'UE a besoin d'une politique d'asile commune

La chancelière a discuté avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker du fait qu'une politique d'asile commune est nécessaire dans l'UE, tout comme une évaluation de ce que sont des pays d'origine sûrs ainsi que des normes d'asile communes.

Elle a également l'intention d'éclaircir ce point avec le président français François Hollande. « Les questions d'asile pourraient être le prochain grand projet européen où nous pourrons démontrer si nous sommes vraiment en mesure d'agir ensemble », a-t-elle ajouté.

Marge de manœuvre pour la Grèce

Avant que le Bundestag ne rende sa décision concernant de nouvelles aides à la Grèce, Angela Merkel s'est prononcée pour un allègement de la dette. La chancelière s'est dite confiante dans l'approbation du troisième plan d'aide par le Bundestag mercredi. Par rapport aux mois précédents, le gouvernement grec a selon elle travaillé de façon tout à fait différente et répond à présent aux exigences de réformes posées par les créanciers internationaux pour de nouveaux crédits.

Angela Merkel a rejeté les revendications de décote, aucune remise de dette n'étant selon elle possible au sein de la zone euro. Il existe cependant encore « une marge de manœuvre » concernant les taux d'intérêt et les échéances des crédits grecs. « Nous allons tout faire pour que la Grèce retrouve rapidement la voie de la croissance », a ajouté Mme Merkel.

Pour le gouvernement fédéral, il importe que les conditions puissent être modifiées, indépendamment de la question de savoir qui est au pouvoir dans un pays. Les conditions sont maintenant les mêmes pour tous les pays concernés « et je crois que c'était capital pour la politique de renforcement de l'euro », a conclu la chancelière.