D'une importance stratégique pour l’Allemagne

Le chancelier fédéral se rend dans les Balkans occidentaux D'une importance stratégique pour l’Allemagne

Le chancelier fédéral Olaf Scholz s’est rendu dans les Balkans occidentaux, en Grèce et en Bulgarie. Les discussions qu’il y a menées ont porté sur la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine et sur la perspective européenne des pays des Balkans occidentaux. « L’Europe et la perspective de faire partie de l’UE ont mobilisé beaucoup de forces positives dans nos sociétés », a déclaré le chancelier.

Le chancelier fédéral Olaf Scholz en compagnie du premier ministre de Macédoine du Nord Dimitar Kovacevski

Le chancelier fédéral Olaf Scholz avec le premier ministre de Macédoine du Nord Dimitar Kovacevski : « Tous les pays des Balkans occidentaux profitent d’une meilleure coopération régionale. »

Photo : Gouvernement fédéral/Kugler

Le chancelier fédéral Olaf Scholz s’est rendu dans plusieurs pays des Balkans occidentaux : le Kosovo, la Serbie et la Macédoine du Nord. Il a expliqué qu’il importait de donner à ces pays l’espoir que le processus d’adhésion à l’UE, promis il y a près de 20 ans, ait bientôt une chance réaliste de se concrétiser. « Ce qui importe pour moi, concernant la perspective européenne des pays des Balkans occidentaux, c’est d’exprimer clairement que, s’il y a des problèmes, ceux-ci ne sont pas insurmontables », a déclaré le chancelier fédéral.

Défendre les valeurs européennes

Samedi matin, M. Scholz a rencontré le premier ministre de la Macédoine du Nord, Dimitar Kovacevski, à Skopje. Il y a déclaré : « L’Allemagne prend au sérieux l’intégration des États des Balkans occidentaux dans l’UE » ; cela vaut tout particulièrement pour la Macédoine du Nord, a-t-il précisé. Les Balkans occidentaux sont d’une importance stratégique pour l’Allemagne, a-t-il également indiqué.

Le chancelier a souligné qu’il admirait la détermination politique qui a permis de trouver un accord avec la Grèce. Les citoyens de la Macédoine du Nord et leur gouvernement y ont travaillé très dur. « Je voudrais également exprimer ma reconnaissance pour le fait que la Macédoine du Nord soutient pleinement les positions et les mesures de l’UE vis-à-vis de la Russie. C’est là une preuve supplémentaire de la profondeur de l’attachement de la Macédoine du Nord aux valeurs européennes et de sa volonté de les défendre », a affirmé le chancelier.

« Ensemble, nous, Européens, avons une responsabilité »

Après la Macédoine du Nord, le chancelier s’est rendu en Bulgarie. À l’issue de son entretien avec le premier ministre Kiril Petkov, M. Scholz a déclaré qu’il était conscient que l’élargissement de l’UE était également un enjeu important pour la Bulgarie et que ce processus suscitait naturellement de nombreuses questions et discussions dans ce pays.

Il s’est dit fermement convaincu que « nous, Européens, avons ensemble une responsabilité envers l’Union européenne et en ce qui concerne la stabilité dans les Balkans occidentaux ». Il a ajouté qu’il était aujourd’hui important de mettre le processus d’élargissement au service de l’Europe et de montrer l’unité de l’Union européenne qui est si importante en ce moment. 

« L’Europe et la perspective de faire partie de l’Union européenne ont mobilisé beaucoup de forces positives dans nos sociétés : des forces en faveur de la démocratie, en faveur de la cohésion », a déclaré le chancelier, qui a affirmé qu’il avait beaucoup de respect pour la contribution de la Bulgarie, qui a notamment accueilli près de 100 000 personnes ayant fui l’Ukraine.

Aider l’Ukraine à se défendre

La guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine a également été abordée lors de la visite du chancelier en Serbie vendredi. Il s’agit d’une « guerre terrible, une guerre insensée, qui a été déclenchée au nom d’une vision impérialiste de la Russie », a déclaré M. Scholz à Belgrade. « C’est pourquoi il est si important que l’Union européenne et que nous tous soyons solidaires de l’Ukraine et l’aidions à se défendre contre cette attaque », a souligné le chancelier. 

Pour le chancelier, cela inclut « naturellement aussi des sanctions contre la Russie. Nous attendons que ces sanctions soient également soutenues par tous les pays candidats à l’adhésion à l’UE », a déclaré M. Scholz en s’adressant au président serbe Aleksandar Vučić. Jusqu’à présent, ce pays des Balkans occidentaux ne participe pas aux sanctions contre la Russie, contrairement au Kosovo. 

Dans la capitale de ce pays, Pristina, le chancelier avait souligné vendredi matin, lors de la première étape de son voyage : « Albin Kurti et le gouvernement du Kosovo ont montré, par leur soutien à toutes les mesures et sanctions, que le Kosovo est un partenaire fiable qui se tient étroitement à nos côtés et aux côtés de la communauté européenne et internationale. »

Faire avancer le dialogue entre le Kosovo et la Serbie

M. Scholz a également souligné l’importance de faire progresser le dialogue entre le Kosovo et la Serbie sous l’égide de l’UE. La Serbie ne reconnaît toujours pas l’indépendance du Kosovo, qui faisait autrefois partie du territoire serbe. Plus de 20 ans après la fin de la guerre du Kosovo, l’OTAN est toujours engagée dans les Balkans dans le cadre de la KFOR afin de garantir la sécurité. Il n’est pas concevable que deux pays qui ne se reconnaissent pas mutuellement deviennent membres de l’UE, a déclaré le chancelier fédéral.

Pour lui, les progrès dans le dialogue entre la Serbie et le Kosovo « font partie des choses qui sont absolument nécessaires et j’aimerais encourager tous les dirigeants politiques à veiller à ce qu’ils aient réellement lieu, à ce que de nombreux accords concrets soient conclus, qui permettent d’améliorer la situation et qui puissent ainsi également faire avancer ce dialogue de normalisation », a déclaré le chancelier fédéral.

Intégration européenne

Il s’agissait de la deuxième rencontre en quelques semaines entre M. Scholz et le président serbe : début mai, M. Vučić avait été reçu à Berlin. « Bien sûr, nous soutenons la Serbie dans le cadre du processus d’adhésion à l’UE », a déclaré M. Scholz. Pour lui, la coopération est importante dans ce dossier. « Nous voulons absolument faire en sorte que les pays des Balkans occidentaux, que la Serbie avance en ce qui concerne sa propre perspective d’adhésion à l’Union européenne et je voudrais encourager tous les acteurs à travailler avec le plus grand courage et la plus grande force pour que ces progrès soient possibles », a affirmé le chancelier.

Raviver le « processus de Berlin »

Lors de son déplacement dans les Balkans occidentaux, le chancelier fédéral a également clairement indiqué qu’il souhaitait réactiver le « processus de Berlin ». « Tous les pays des Balkans occidentaux profitent d’une meilleure coopération régionale », a déclaré M. Scholz. Selon lui, le processus de Berlin a montré depuis 2014 le potentiel de la coopération entre les six pays des Balkans occidentaux. M. Scholz souhaite organiser une conférence à Berlin à l’automne.

Visite de la base de la KFOR

L’Allemagne s’engage pour la stabilité et le bon développement des pays des Balkans occidentaux : l’engagement de la Bundeswehr au sein de la KFOR et sa contribution à l’Équipe OTAN de conseil et de liaison sous commandement allemand le soulignent également. Le chancelier fédéral s’est rendu vendredi à la base de la KFOR « Film City » au Kosovo pour se faire une idée du travail du contingent de la KFOR et pour remercier personnellement les soldats : « Ici, des exactions d’une violence incroyable ont été commises, et le fait que nous ayons pu y mettre fin est aussi un mérite de cette mission et de beaucoup d’autres personnes qui œuvrent dans ce sens », a déclaré M. Scholz.

Le chancelier Olaf Scholz a également été reçu en Grèce vendredi soir. À Thessalonique, il a participé à un dîner avec des représentants de pays de l’initiative régionale « Conseil de coopération de l’Europe du Sud-Est ».