La situation des réfugiés a une priorité absolue

Débat budgétaire La situation des réfugiés a une priorité absolue

Le ministre fédéral des Finances Wolfgang Schäuble a déclaré au Bundestag que l’Allemagne était en mesure de venir à bout des tâches inhérentes à la crise des réfugiés d’un point de vue financier.

Le ministre fédéral des Finances Wolfgang Schäuble s’exprime au Bundestag

Wolfgang Schäuble : Le financement devra s’adapter à la situation des réfugiés, et non le contraire

Photo : picture alliance / dpa

Face au contexte de la situation des migrants, le ministre fédéral des Finances prévoit de débloquer des milliards d'euros supplémentaires dans le cadre du budget fédéral, tout en conservant ce dernier à l’équilibre. « Il s’agit du plus gros défi depuis longtemps pour l’Allemagne. Ensemble, nous pouvons y faire face, et ce, sans contracter de nouvelles dettes », a déclaré Wolfgang Schäuble au Bundestag.

Le ministre fédéral des Finances a expliqué que le développement économique et la bonne situation financière de l’Allemagne permettaient de mettre à profit des marges de manœuvre budgétaires supplémentaires pour relever les défis actuels. Pour l’année 2016, la Fédération dispose d’un budget de dépenses de 312 milliards d’euros, soit 10,4 milliards de plus que ce que le Bundestag avait fixé pour l'exercice en cours. De même que cette année déjà, 2016 ne devrait pas connaître de solde net à financer. C’est ce qui ressort du projet de budget 2016 et de la programmation financière pour la période allant jusqu’à 2019, soumis au Bundestag par le ministre fédéral des Finances Wolfgang Schäuble.

La situation des réfugiés : une chance et un défi

Wolfgang Schäuble considère que les domaines suivants constituent des défis actuels :

  • Hébergement de réfugiés : le nombre de centres de premier accueil doit être augmenté. 150 000 nouvelles places d’hébergement adaptées à l’hiver doivent être créées.
  • Accélération de la procédure d’asile : l’Office fédéral des migrations et des réfugiés (BAMF) obtient 2 000 postes supplémentaires afin d’accélérer la procédure d’asile.
  • Intégration des réfugiés : les migrants ayant des perspectives de rester dans le pays doivent prendre part dès que possible à des cours d’allemand et d’intégration et avoir accès au marché du travail. À cet effet, le budget du BAMF est augmenté en conséquence pour les cours d’intégration.
  • Soutien de bénévoles : 10 000 postes supplémentaires doivent être créés au sein du Service volontaire allemand.

La Fédération soutient les Länder et les communes

La Fédération remplit ses engagements en prenant en charge six milliards d’euros supplémentaires pour l’année prochaine, apportant également son aide aux Länder et aux communes, a expliqué Wolfgang Schäuble. « Nous pouvons venir à bout de cette tâche financièrement, car la conjoncture allemande est robuste malgré les risques inhérents à l’économie mondiale, et notre demande intérieure est bonne », a assuré M. Schäuble. La gestion budgétaire solide autorise notamment les marges de manœuvre financières disponibles, a ajouté le ministre fédéral des Finances.

Il devra y avoir une coopération à tous les échelons publics. Le financement devra s’adapter à la situation des réfugiés, et non le contraire. Cette situation doit également être considérée comme une chance, et non sous son aspect financier, a expliqué Wolfgang Schäuble. Sinon, l’acceptation des réfugiés dans la population pourrait s’en trouver compromise.

Principal budget : le travail et les affaires sociales

Du 8 au 11 septembre, le Bundestag allemand se concerte sur les projets budgétaires des différents ministères. Le plus gros poste budgétaire reste, comme dans le passé, celui du ministère fédéral du Travail et des Affaires sociales. D’après Wolfgang Schäuble, en 2016, un euro sur deux sera consacré à des prestations sociales. Cela s’explique par les prestations de l’assurance vieillesse : estimées à 86,6 milliards d’euros en 2016, ces dernières restent élevées.

Selon les projets du gouvernement, la ministre fédérale du Travail et des Affaires sociales, Andrea Nahles, pourra dépenser une enveloppe de quelque 127,29 milliards d’euros l’année prochaine. Cela représente 1,63 milliard d’euros de plus que cette année.

Renforcer les investissements d’avenir

Le gouvernement fédéral ne se contente pas de consolider le budget. Il renforce également d’autres priorités politiques importantes et les investissements du budget fédéral de manière ciblée. Les dépenses du ministère fédéral de l’Éducation et de la Recherche (BMBF) devraient croître d’environ 1 milliard pour atteindre près de 16 milliards d’euros. Depuis 2007, les moyens budgétaires du BMBF ont augmenté de 60 %. Les dépenses liées aux transports vont bénéficier d’une hausse de quelque 1,12 milliard d’euros, s’élevant ainsi à 24,4 milliards d’euros.

Augmentation des dépenses jusqu’en 2019

Selon la programmation financière, les dépenses de la Fédération devraient atteindre 333,1 milliards d’euros en 2019. Le gouvernement fédéral escompte que le taux d’endettement ne s’élèvera plus qu’à 61,5 % du produit intérieur brut d’ici la fin 2019. Dès 2016, il est visé un taux inférieur à 70 %. Ainsi, le taux d’endettement allemand se rapproche du seuil de référence de 60 % fixé dans le Traité de Maastricht. L’équilibre budgétaire est maintenu de manière constante pendant toute la durée de cette programmation financière.

Le gouvernement s’attend à ce que la reprise macroéconomique se poursuive dans le courant de l’année. Selon les prévisions de printemps, la croissance économique devrait atteindre 1,8 % du produit intérieur brut en 2015 et 2016.

Le Traité de Maastricht de 1992 fixe des critères d’adhésion d’un pays à l’union monétaire, que l’on appelle critères de convergence ou encore « critères de Maastricht » : un niveau des prix stable, des taux d’intérêt stables à long terme, des taux de change stables ainsi qu’un plafond pour le déficit public et l’endettement public des États membres de l’UE.

Un développement positif est favorable à la population

Le ministre fédéral des Finances a bon espoir que la conjoncture sera bonne en 2015 et 2016. Avec ses 43 millions d’actifs, l’Allemagne enregistre un nouveau record. L’année dernière, les salaires réels ont augmenté de 1,7 %. « Cela profite à la population en Allemagne », a insisté Wolfgang Schäuble.

Divers aspects entrainent un allègement de plus de cinq milliards d’euros par an : l’élimination de la progression à froid, le relèvement de l’abattement forfaitaire et de l’abattement pour enfants à charge ainsi que l’augmentation des allocations familiales et du complément familial.

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