La Serbie est et reste un proche partenaire

Angela Merkel reçoit Aleksandar Vučić La Serbie est et reste un proche partenaire

« Nous sommes impressionnés par la réussite de la Serbie dans les réformes engagées », a déclaré Mme Merkel lors de la visite du président serbe à Berlin. Le gouvernement fédéral encourage la Serbie à poursuivre dans cette voie.

Rencontre de la chancelière et du président serbe à la Chancellerie fédérale

Avec Aleksandar Vučić, Angela Merkel s’est également entretenue du Kosovo

Photo : Bundesregierung/Zahn

L’Allemagne soutient la perspective d’adhésion de la Serbie à l’Union européenne, a dit la chancelière fédérale lors de la conférence de presse avec le président serbe Aleksandar Vučić. C’est la première fois qu’elle recevait à la Chancellerie fédérale son homologue dans sa nouvelle fonction. Les deux dirigeants avaient déjà travaillé ensemble étroitement lorsque ce dernier dirigeait le gouvernement serbe.

Pas d’adhésion à l’UE sans réformes

Les négociations d’adhésion ne peuvent cependant être menées avec succès que « si les réformes dans les domaines de l’état de droit et de la protection des droits fondamentaux avancent », a souligné la chancelière.

L’Allemagne s’engage en faveur d’un examen précis des mesures de réformes nécessaires. Dans le même temps, le gouvernement fédéral appuie le changement sur place. De la formation professionnelle en alternance aux infrastructures numériques, l’Allemagne donne des impulsions visant une modernisation de la société, de la politique et de l’économie.

Début février, la Commission européenne avait assuré à nouveau aux pays des Balkans occidentaux (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Ancienne République yougoslave de Macédoine, Monténégro et Serbie) qu’ils disposaient d’une perspective d’adhésion, à la condition toutefois de mettre en œuvre les réformes nécessaires et de remplir les critères fixés.

Compromis pour le Kosovo

Avec le président serbe, Angela Merkel s’est également entretenue du Kosovo. Concrètement, il s’est agi de savoir comment la Serbie peut parvenir dans les prochaines années à un accord contractuel légal avec le Kosovo. « J’espère que les rencontres prévues dans le cadre du processus de Berlin permettront d’avancer sur cette question », a déclaré la chancelière. Depuis la séparation du Kosovo d’avec la Serbie il y a dix ans, des conflits opposent régulièrement les deux pays, a-t-elle déploré.

« Nous sommes conscients des tâches difficiles auxquelles la Serbie doit s’atteler », a répondu M. Vučić, également en ce qui concerne les relations entre la Serbie et le Kosovo. Il a assuré qu’on y travaillerait, avant d’ajouter : « La Serbie est prête à un compromis dans lequel les deux parties y perdront un peu. » Il est plus important d’aimer la vie des enfants que celle des anciens, a-t-il constaté.

Angela Merkel a félicité son interlocuteur pour sa recherche d’un compromis. « Nous apportons notre soutien partout où l’on nous le demande », a-t-elle affirmé.

Les deux pays veulent développer la coopération

Le président serbe a remercié la chancelière pour son « engagement sincère ». Sans elle et sans l’appui du gouvernement fédéral, les pays des Balkans occidentaux seraient éventuellement dans une situation bien plus difficile que celle dans laquelle ils se trouvent aujourd’hui, a-t-il fait remarquer.

Le Sommet des Balkans occidentaux, une initiative du processus de Berlin, a lieu tous les ans depuis 2014. Il s’agit au départ d’une initiative de l’Allemagne à l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale, l’objectif étant d’avancer dans un rapprochement des États des Balkans occidentaux avec l’UE. La conférence vise à promouvoir, renforcer et soutenir la coopération entre les États de la région.

Des relations commerciales fortes

Aleksandar Vučić a dit se réjouir de la qualité des relations bilatérales en matière économique et commerciale. Quelque 43 000 Serbes travaillent dans des entreprises allemandes, a-t-il rappelé. « Les échanges de marchandises entre l’Allemagne et la Serbie se chiffrent à quatre milliards d’euros », a confirmé la chancelière, avant de préciser que cela faisait de l’Allemagne actuellement le premier partenaire commercial de la Serbie.

« Les relations avec la Serbie sont très bonnes et très étroites », s’est félicitée Mme Merkel. Selon elle, les 400 000 Serbes qui vivent en Allemagne forment un pont entre les deux pays.

Un accord sur les sépultures de guerre en signe de réconciliation

La chancelière a remercié son interlocuteur pour une bonne nouvelle, à savoir que la question de l’accord sur les sépultures de guerre a pu être réglée. C’est une étape décisive dans les relations des deux pays, a-t-elle estimé. Le président serbe s’est rallié à son point de vue en parlant d’une « contribution à la réconciliation politique ».

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