La Russie viole le droit international

Ukraine La Russie viole le droit international

Le porte-parole du gouvernement fédéral, Steffen Seibert, a condamné à Berlin le rattachement de la Crimée à la Russie comme « atteinte massive à l’intégrité territoriale de l’Ukraine ». Pour sa part, le Conseil des ministres fédéral a approuvé la signature de plusieurs volets de l’accord d’association entre l’Union européenne (UE) et l’Ukraine.

Le gouvernement fédéral dénonce également la conclusion du traité entérinant l’adhésion de la Crimée et de Sébastopol à la Fédération de Russie, a déclaré M. Seibert et il a ajouté : « cet acte est contraire au droit international, tout comme l’était précédemment l’intervention militaire russe en Crimée ». Selon lui, on assiste ici à un tracé unilatéral de nouvelles frontières, et par conséquent à une atteinte massive à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, et il est évident que le gouvernement fédéral ne reconnaîtra pas ces actes de la Fédération de Russie.

Menace à la coexistence en Europe

« La Russie suit la voie de l’isolement international », a poursuivi le porte-parole du gouvernement allemand. Or ce chemin présente de grands dangers pour la coexistence des États européens. L’annonce qui a été faite de morts en Crimée à la suite d’attaques contre des installations militaires ukrainiennes montre la dangerosité de cette démarche, a insisté M. Seibert, « nous exhortons Moscou et les dirigeants criméens à faire preuve de retenue ».

M. Seibert a également constaté qu’en agissant comme elle le fait, la Russie ne s’est pas comportée en partenaire de stabilité pour l’Ukraine, mais qu’elle exploite à fond la crise dans le pays.

L’accord d’association, un message fort

Jeudi et vendredi, le Conseil européen débattra des mesures à adopter en réponse à l’action de la Russie, a précisé M. Seibert. La signature des volets politiques de l’accord d’association entre l’UE, ses États membres et l’Ukraine est également prévue en marge du Conseil. Le Conseil des ministres fédéral a donné son accord mercredi à cette signature.

« Nous y voyons un message fort de soutien à l’Ukraine », a souligné M. Seibert. Mais c’est en même temps un message clair à l’adresse de la Russie, à savoir que « l’Union européenne n’accepte pas que l’on influe sur les décisions de politique étrangère d’autres pays en exerçant sur eux une pression économique, politique et militaire ». La signature de l’accord d’association avec l’Union européenne ne signifie cependant pas, a-t-il ajouté, que l’Ukraine ne puisse plus entretenir désormais de relations étroites avec d’autres pays voisins.

En outre, la Commission européenne se prépare, d’ici le milieu du mois d’avril, à adopter un règlement accordant à l’Ukraine des facilités commerciales unilatérales. La signature du volet commercial des accords d’association et de libre-échange viendra plus tard.

Empêcher la propagation de la crise

Dans cette nouvelle situation, l’enjeu est également d’éviter une nouvelle escalade, a déclaré le porte-parole, car « une propagation de la crise à l’est et au sud de l’Ukraine pourrait avoir des conséquences imprévisibles ». Ainsi, le président américain Barack Obama et Mme Merkel ont-ils déclaré, mardi, d’un commun accord, être prêts à poursuivre dans la voie du dialogue politique et de l’entente.

Pour ce faire, il est urgent qu’une importante mission d’observation de l’OSCE soit envoyée précisément dans l’est et le sud de l’Ukraine, a insisté M. Seibert, avant d’ajouter : « nous continuons de travailler intensément sur cette question ». Puis il a dit « trouver regrettable que la Russie continue de retarder la prise d’une décision commune de l’OSCE ».

Pas de parallèle entre la Crimée et l’unité allemande

Le porte-parole du gouvernement fédéral a qualifié d’« étonnante » la comparaison faite par le président russe Vladimir Poutine entre l’annexion de la Crimée et la réunification allemande. L’Allemagne n’a pas oublié que l’ex-Union soviétique ne s’était pas opposée à la réunification, mais « l’unité allemande a réuni deux États séparés qui formaient une nation, alors que la mainmise russe a pour conséquence une division de l’Ukraine », a-t-il déclaré.

Il a en outre rappelé que l’unité allemande avait été accompagnée de façon exemplaire par la communauté internationale à travers le processus des négociations « 2 + 4 », tandis que la Russie fait obstacle jusqu’à présent à la formation d’un groupe de contact qui serait chargé de parler d’une autonomie de la Crimée. C’est pourquoi, a martelé le porte-parole du gouvernement allemand, Berlin ne voit aucun parallèle entre la réunification pacifique de l’Allemagne et les événements en Crimée.

Une réunion du G7 prévue à La Haye

M. Seibert a confirmé qu’une rencontre des chefs d’État ou de gouvernement du Groupe des Sept (G7) se préparait. Elle doit avoir lieu la semaine prochaine à La Haye en marge du Sommet mondial sur la sécurité nucléaire et portera sur la situation actuelle en Ukraine. Les dirigeants des pays du G7 ont l’intention de se concerter dans cette enceinte sur la marche à suivre. Le porte-parole du gouvernement allemand a cependant bien insisté sur le fait que cette rencontre n’était pas un sommet et qu’elle n’était pas non plus destinée à en remplacer un.

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