La protection du climat est un « devoir moral »

Dialogue de Petersberg sur le climat La protection du climat est un « devoir moral »

La ministre fédérale de l'Environnement Hendricks a appelé la communauté internationale à redoubler d'efforts en matière de protection du climat. Celle-ci n'est pas un luxe, mais un investissement dans la santé et la prospérité de l'humanité, a-t-elle déclaré lors de l'ouverture du 6e Dialogue de Petersberg sur le climat.

La ministre fédérale de l'Environnement Barbara Hendricks et le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius lors d'une conférence de presse du 6e Dialogue de Petersberg sur le climat

La ministre fédérale de l'Environnement Barbara Hendricks se prononce en faveur d'objectifs climatiques ambitieux et contraignants

Photo : picture-alliance/dpa/Britta Pedersen

La ministre fédérale de l'Environnement Barbara Hendricks a ouvert le 6e Dialogue de Petersberg sur le climat avec le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius. Des ministres de 35 pays y ont été invités. L'Allemagne et la France souhaitent que les bases d'un nouvel accord international sur le climat puissent être jetées pendant la réunion informelle de deux jours. L’accord doit être adopté fin 2015, à Paris.

Condition d'une prospérité durable

La ministre fédérale de l'Environnement a averti : les transformations résultant du changement climatique seront incontrôlables si le réchauffement de la planète n'est pas limité. Étant donné le nombre important d'êtres humains qui souffrent déjà de la faim, de la sécheresse ou des inondations, la lutte contre le changement climatique constitue un devoir moral, a affirmé Mme Hendricks.

Elle s'est cependant dite convaincue que la protection du climat est aussi une condition indispensable à une économie compétitive et, ainsi, à une prospérité durable. Elle a évoqué les efforts déployés par l'Allemagne en matière de protection climatique et souligné que l'objectif national restait la réduction des émissions de CO2 de 40 % d’ici à 2020. Durabilité et efficacité énergétique sont les « mots clés d'une prospérité durable ».

Moins d'émissions signifient moins de destruction de l'environnement et moins de pollution de l'air, mais également moins de maladies telles que le cancer des poumons. « La protection du climat n'est pas un luxe », a déclaré Mme Hendricks, mais plutôt un « investissement dans la santé et la prospérité de l'humanité ».

Économie mondiale sans incidence sur le climat

Mme Hendricks a également indiqué qu'il était compréhensible que certains intérêts s'opposent à la protection du climat. Elle a souligné que les changements économiques devaient être prévisibles et qu'ils ne devaient pas créer de nouveaux perdants. Elle a insisté sur le fait que l'objectif d'une économie mondiale sans incidence sur le climat devait être fixé lors de la conférence de Paris en décembre. Cela constituerait « un signal fort ».

L'accord de Paris devra être ambitieux, a dit Mme Hendricks, y compris en ce qui concerne les contributions des pays émergents et des pays en développement ainsi que la répartition des charges. Cependant, l'accord sur le climat doit aussi être juste vis-à-vis des pays particulièrement pauvres, a-t-elle ajouté, et les pays industrialisés ont ici une responsabilité spéciale. C'est pourquoi le Dialogue porte, d'une part, sur des objectifs climatiques contraignants et, d'autre part, sur un financement équitable de la protection du climat et de l'adaptation aux changements climatiques.

Définir des objectifs ambitieux

Dans son dernier message vidéo, la chancelière fédérale Angela Merkel a déclaré que la Conférence des Nations Unies sur le climat, qui se tiendra en décembre à Paris, devait créer toutes les conditions permettant l'entrée en vigueur d'un accord contraignant sur le climat dans le monde entier en 2020. « Tous les États doivent définir des objectifs nationaux ambitieux ». Mme Merkel s'exprimera mardi matin lors du Dialogue sur le climat tout comme le président français François Hollande.

Le Dialogue de Petersberg sur le climat doit exposer les défis restant à relever et présenter des possibilités d'action réelles. Voici comment le Dialogue apporte une contribution concrète aux négociations de l'ONU sur le climat.

Le 6e Dialogue de Petersberg sur le climat poursuit les objectifs suivants :

  • Un nouveau rapprochement dans la définition des éléments clés de l'accord de Paris sur le climat

  • Une meilleure connaissance de l'état d'avancement des contributions nationales et un appel clair à tous les États à présenter le plus rapidement possible des contributions adaptées et équitables

  • La formulation claire par les participants de leur attachement à l'objectif de limiter le réchauffement planétaire à +2 °C

  • Le développement d'une compréhension commune des manières de trouver les ressources financières nécessaires afin de respecter l'objectif de limiter le réchauffement à 2°C et de pouvoir s'adapter aux conséquences inévitables du changement climatique

  • Un rapprochement des idées des différents participants en ce qui concerne les manières de parvenir à un cadre réglementaire solide en matière d'information, de suivi et de mise en conformité