La Bundeswehr quitte Incirlik

Lutte contre la milice terroriste de l’EI La Bundeswehr quitte Incirlik

La Bundeswehr va quitter la base aérienne turque d’Incirlik et poursuivre les opérations de lutte contre l’EI depuis la Jordanie. La ministre fédérale de la Défense Ursula von der Leyen a présenté le plan de transfert en conseil des ministres. Le gouvernement fédéral tire ainsi les conséquences de l’impossibilité de parvenir à un accord sur le droit de visite des parlementaires allemands à Incirlik.

Des pilotes marchent vers leurs avions Tornado sur la base aérienne d’Incirlik dans le cadre de la mission Counter Daesh

La Bundeswehr va quitter la base aérienne turque d’Incirlik et poursuivra la lutte contre l’EI depuis la Jordanie

Photo : Bundeswehr/Falk Bärwald

La Bundeswehr retirera les avions de reconnaissance Tornado et l’avion ravitailleur de la base aérienne turque d’Incirlik. Le gouvernement fédéral tire ainsi les conséquences du refus de la Turquie de permettre aux parlementaires allemands de rendre visite aux soldats allemands stationnés sur son territoire. La Bundeswehr poursuivra sa mission depuis la base aérienne d’Al Azraq, en Jordanie, a déclaré la ministre fédérale de la Défense Ursula von der Leyen à l’issue de la réunion du conseil des ministres.

Transfert en étroite concertation avec les partenaires de la coalition

« Bien sûr, le transfert vers la Jordanie va prendre du temps », a affirmé Mme von der Leyen. Les avions de reconnaissance Tornado ne seront pas opérationnels pendant environ deux à trois mois. Les avions ravitailleurs pourront reprendre leurs activités dans un délai de deux à trois semaines. « J’entrerai donc en contact dans les délais les plus brefs avec la coalition internationale contre l’EI, notamment avec les Américains, afin que nous puissions examiner comment les lacunes peuvent être comblées afin de ne pas nuire à la mission », a affirmé la ministre.

« Dans la lutte contre l’EI, Incirlik a été jusqu’ici une base aérienne utile. Mais il n’est évidemment pas acceptable que nos députés ne puissent pas rendre visite à nos soldats », a déclaré Mme von der Leyen. La Bundeswehr est prête pour un transfert. Une base aérienne située en Jordanie peut les accueillir, a ajouté la ministre.

Depuis la base aérienne turque d’Incirlik, des avions allemands survolent les territoires de la Syrie et de l’Iraq dans le cadre de missions de la coalition internationale contre l’État islamique. L’Allemagne soutient la coalition au moyen d’avions de reconnaissance Tornado et d’avions destinés à ravitailler en vol les avions de combat.

Échec des entretiens de conciliation en Turquie

Pour des raisons de politique intérieure, le gouvernement turc n’est actuellement pas disposé à autoriser les députés allemands à se rendre librement à Incirlik pour y rendre visite aux soldats de la Bundeswehr. C’est ce qu’a fait savoir le ministre fédéral des Affaires étrangères Sigmar Gabriel lundi (5 juin) à l’issue de sa rencontre avec son homologue turc Mevlüt Çavuşoğlu, à Ankara.

Selon le droit allemand, toutefois, cela n’est pas concevable, la Bundeswehr étant une armée parlementaire. « Les députés doivent pouvoir rendre visite aux soldats de la Bundeswehr là où ils se trouvent », a réaffirmé le ministre. « Comme cela n’est pas possible actuellement à Incirlik, la Bundeswehr va donc quitter cette base », a-t-il ajouté.

Les soldats allemands de l’OTAN restent stationnés à Konya

La discussion sur le déploiement de troupes allemandes en Turquie avait également porté sur la base militaire de l’OTAN à Konya. À la différence de la base aérienne d’Incirlik, Konya est aussi une base de l’OTAN. Elle accueille des avions de reconnaissance de l’OTAN qui remplissent deux fonctions importantes consistant à soutenir la coalition internationale contre l’EI et à surveiller l’espace aérien de l’OTAN.

Les vols des avions AWACS de l’OTAN sont des opérations communes de l’OTAN et ne sont pas assurés dans un cadre national. Même si l’Allemagne fournit une contribution en personnel, c’est uniquement l’OTAN dans son ensemble qui peut décider du déploiement des AWACS de l’OTAN. L’OTAN ne remet pas en question pour le moment sa présence à Konya.