L’Allemagne exige des réponses concrètes

Réaction à l’attaque de Salisbury L’Allemagne exige des réponses concrètes

L’expulsion de diplomates russes après la tentative d’empoisonnement perpétrée à Salisbury a été décidée « après des contacts intenses » avec le gouvernement britannique. C’est ce qu’a déclaré le porte-parole du gouvernement fédéral, Steffen Seibert.

« Nous exigeons de la Russie qu’elle fournisse des réponses concrètes », a ajouté le porte-parole du ministère fédéral des Affaires étrangères Rainer Breul.

L’enquête actuellement menée à La Haye par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) concernant cette attaque est importante, a souligné Steffen Seibert mercredi lors de la conférence de presse gouvernementale. « Mais les enquêtes déjà conduites au Royaume-Uni sont, elles aussi, d’un niveau très élevé », a-t-il insisté. La décision des États membres de l’Union européenne d’expulser des diplomates russes ayant été prise « après des contacts intensifs au niveau européen qui ont fait suite à des explications détaillées du gouvernement britannique », elle est « à nos yeux légitime et fondée », a-t-il conclu.

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) est une organisation internationale indépendante créée par les États Parties à la Convention sur les armes chimiques. Elle veille au respect de la Convention et fixe les conditions-cadre pour la destruction des armes chimiques.

Une atteinte à la sécurité européenne

« Nous avons assisté au cœur de l’Europe à une attaque au gaz neurotoxique. C’est la première fois que cela arrive depuis la Seconde Guerre mondiale », a rappelé le porte-parole du ministère fédéral des Affaires étrangères, Rainer Breul. Bien que l’OIAC n’ait pas encore achevé l’examen de la substance toxique utilisée, le Conseil européen souscrit, « en raison des informations fournies sur l’état d’avancement des enquêtes britanniques », à l’analyse du Royaume-Uni selon laquelle il est « hautement probable » que la Fédération de Russie soit responsable de la tentative d’assassinat sur Sergueï Skripal et sa fille. Il n’existe « pas d’autre explication plausible ».

Plus d’une centaine d’innocents ont été soumis à cette substance chimique toxique. « Il s’est agi d’une attaque contre la sécurité européenne », et en outre d’une atteinte à l’interdiction des armes chimiques. Dans la perspective du droit international, cette attaque pose par ailleurs la question de la violation des principes de la non-intervention et de l’interdiction d’employer la violence, a estimé M. Breul. Selon lui, un pays comme le Royaume-Uni a donc le droit de se défendre.

La Russie doit contribuer à l’enquête

La Russie n’a pas fourni jusqu’ici de preuve crédible qu’elle entendait jouer un rôle constructif dans l’éclaircissement de cette affaire. Le Royaume-Uni attend toujours des réponses concrètes de la Russie à des questions concrètes. Au lieu de cela, celle-ci ne donne que « des dénégations générales de différente nature ». Vu la gravité de l’attentat, a souligné M. Breul, le gouvernement fédéral a réagi dans ce contexte « de manière modérée et appropriée ».