Intensifier le processus politique

Consultations au sujet de l'Ukraine Intensifier le processus politique

Le ministre fédéral des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier s'est entretenu avec ses homologues français, ukrainien et russe au sujet de la mise en œuvre des accords de Minsk. Malgré un certain apaisement, il est « trop tôt pour lever l'alerte », a-t-il mis en garde à Berlin.

Les quatre ministres des Affaires étrangères Laurent Fabius, Pavlo Klimkine, Frank-Walter Steinmeier et Sergueï Lavrov

C'est la quatrième fois que le ministre fédéral des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier reçoit ses homologues à Berlin

Photo : photothek.net/Trutschel

M. Steinmeier s'est montré préoccupé par les événements de ces derniers jours. Des affrontements armés ont à nouveau fait plusieurs morts pendant les fêtes de la Pâque orthodoxe. L'objectif des consultations, qui se sont tenues à la Villa Borsig, était donc d'engager toutes les parties au conflit à respecter le cessez-le-feu et d'enclencher le processus politique.

Les quatre ministres des Affaires étrangères du « groupe Normandie » ont exprimé dans une déclaration commune leurs inquiétudes en ce qui concerne le processus de paix. Ils ont exhorté toutes les parties au conflit à coopérer avec la mission d’observation de l’OSCE. De plus, des mesures concrètes ont été convenues, dont le retrait de nouvelles catégories d'armes et la mise en place de groupes de travail de l'OSCE. Ces groupes auront pour thèmes l'aide humanitaire, la sécurité, le processus politique ainsi que la reconstruction économique dans l'est de l'Ukraine.

Des groupes de travail en vue d'un règlement global

C'est dans ce contexte que la représentante spéciale en Ukraine de la Présidence en exercice de l'OSCE et présidente du groupe de contact international, Heidi Tagliavini, a participé à la réunion de Berlin. M. Steinmeier a insisté sur l'importance de travailler, au sein de ces groupes, à l’organisation d’élections locales dans les régions occupées par les séparatistes, convenue dans l'ensemble de mesures de Minsk. En outre, les ministres ont déclaré vouloir poursuivre les échanges de prisonniers, « dans l'objectif d'échanger tous les prisonniers ».

M. Steinmeier a indiqué que les parties au conflit avaient encore un « long chemin » devant eux. L'accès de l'aide humanitaire doit être assuré et une entente conférant un statut spécial à la région du Donbass, dans l'est de l'Ukraine, doit être trouvée. Tous ces éléments faisaient déjà partie des accords de septembre 2014 et de février 2015. « Il s'agit d'un processus laborieux. Pour notre part, nous allons assurément tout mettre en œuvre afin que ce processus se poursuive », a insisté M. Steinmeier.

Le 6 juin 2014, la chancelière fédérale Angela Merkel avait rencontré Vladimir Poutine, Petro Porochenko et François Hollande en Normandie, en marge des cérémonies de commémoration de la Seconde Guerre mondiale. C'était la première rencontre des chefs d'État russe et ukrainien depuis le début de la crise. Depuis, lorsque des représentants de haut niveau des quatre pays se réunissent, on parle d'une rencontre « au format Normandie ».

Protéger le cessez-le-feu

Les accords de Minsk représentent beaucoup plus qu'un cessez-le-feu qui tient à peu près, avait affirmé lundi matin le porte-parole du ministère fédéral des Affaires étrangères Martin Schäfer. Afin de parvenir à une détente durable, il faudra beaucoup plus qu'un retrait des armes lourdes, un cessez-le-feu et une OSCE qui surveille la mise en œuvre de ces deux mesures, selon M. Schäfer : « Ce cessez-le-feu est un préalable nécessaire à une désescalade réussie et à tout le reste, c'est-à-dire un chemin conduisant à une solution politique en Ukraine. »

Même si l'on constate depuis février un recul important des affrontements militaires dans l'est de l'Ukraine, les rapports de l'OSCE indiquent que les combats près de Marioupol et à l'aéroport de Donetsk « ne cessent simplement pas », a expliqué le porte-parole. Le gouvernement fédéral œuvrera donc, par tous les moyens à sa disposition, à faire en sorte « que là aussi, les armes se taisent enfin », a déclaré M. Schäfer.

Selon les rapports des observateurs de l'OSCE, il est probable « que les violations du cessez-le-feu ne viennent pas seulement d'un côté, mais qu'elles soient commises à répétition par des combattants des deux camps de ce conflit militaire », a admis M. Schäfer. Le gouvernement fédéral le déplore, a-t-il dit. Il faut à présent réaliser, sur la base du cessez-le-feu, de réels progrès sur la voie d'une solution politique, et il existe une feuille de route pour cela.

Calendrier ambitieux

Cependant, il y a des obstacles à la mise en œuvre et au respect du calendrier ambitieux jusqu'à la fin 2015. « C'est pourquoi le ministre fédéral des Affaires étrangères considère qu'il est important que les gouvernements se rencontrent en format Normandie, afin de maintenir le processus sur les rails et même, idéalement, de l'accélérer », a déclaré M. Schäfer, ajoutant que l'objectif prioritaire restait de mettre sur pied, sous la direction de l'OSCE, des groupes de travail « au sein desquels puissent être abordés des thèmes brûlants ».