Exploiter toutes les possibilités diplomatiques

Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier a appelé à donner plus de force à la mission de l’OSCE dans le pays.
Lors d’une conférence de presse avec le président chypriote Nicos Anastasiades à Berlin, Angela Merkel a déclaré : « Nous ne viendrons pas à bout du conflit auquel nous sommes actuellement confrontés par le biais de moyens militaires. C’est pourquoi il nous faut exploiter les possibilités diplomatiques qui s’offrent à nous. ».

Célébrer le 9 mai de façon appropriée

Mme Merkel a exprimé de la réserve à l’égard de la possible présence en Crimée du président russe Vladimir Poutine à l’occasion des festivités organisées pour le 9 mai : « Le 9 mai est une journée importante dans l’histoire qui commémore les souffrances incommensurables durant la Seconde Guerre mondiale ».

« Il y a quatre ans, j’étais moi-même présente à Moscou à cette date, car il me tenait à cœur de mettre clairement en évidence que nous avons compris l’histoire et qu’il ne doit pas y avoir de recommencement », a déclaré la chancelière. « Je trouverais dommage qu'une telle journée soit utilisée dans un tel contexte de tensions pour organiser une parade ».

Frank-Walter Steinmeier met en garde contre une nouvelle escalade

Face à l’escalade de violence dans l’est de l’Ukraine, le ministre fédéral des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier craint que la situation ne s’aggrave encore. « Nous sommes littéralement au bord d’une guerre en Europe orientale », lit-on dans le quotidien « Frankfurter Allgemeine Zeitung ».

« La situation est terrible et malgré les efforts déployés jusqu’ici à l’échelle internationale, nous n’avons pas réussi à apaiser la situation de façon décisive », a affirmé M. Steinmeier lundi soir sur les ondes de la deuxième chaîne de télévision allemande ZDF. « Je ne parle pas de guerre mais d’une effusion de sang à laquelle nous devons impérativement mettre fin ».

Utiliser toutes les options diplomatiques

« Il existe des groupes dans l’est de l’Ukraine qui n’écoutent ni le gouvernement en place à Kiev, ni les dirigeants politiques à Moscou », a déclaré Frank-Walter Steinmeier. « Dans ce contexte, je dois donc dire que ce fut une grande chance que malgré la dégradation de la situation autour de la ville de Sloviansk, nous ayons réussi, peut-être à la dernière minute, à faire libérer les otages ».

Dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung, M. Steinmeier a également exprimé sa confiance dans l’avenir : « Cela vaut donc la peine de ne jamais cesser d’exploiter les possibilités encore existantes, et ce même lorsque la situation semble presque sans espoir ». « Pas question de baisser les bras ! Cela s’applique également aux efforts que nous déployons pour désamorcer la situation. Il se peut que nous échouions », a-t-il ajouté.

Cependant, nous ne pouvons pas rester indifférents et laisser le malheur suivre son cours. « Il est de notre devoir non seulement de saisir chaque chance qui s'offre à nous, mais aussi de travailler avec persévérance à créer de telle chances. »

Il n'y a pas de solution militaire

« Nous ne disposons plus d'un vaste éventail d'instruments en vue d'un règlement pacifique du conflit en Ukraine », écrit M. Steinmeier. « De toute façon, il n'y a pas de solution militaire. » Toutefois, l'OSCE, une organisation internationale reconnue et ayant fait ses preuves, est sur le terrain et peut continuer à servir d'intermédiaire.

Selon le ministre allemand des Affaires étrangères, il n'y a de perspective de réussite que si toutes les parties sont prêtes à poursuivre ensemble les objectifs négociés le 17 avril 2014, à Genève. « Ceux qui ont envoyé l'OSCE en Ukraine doivent la soutenir fortement s'ils veulent qu'elle ait suffisamment de poids pour faire accepter une solution politique. »

Soulagement suite à la libération des observateurs de l’OSCE

Lors d'une conversation téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine dimanche, la chancelière fédérale Angela Merkel s'est montrée soulagée suite à la libération des observateurs de l'OSCE dans l'est de l'Ukraine. L'équipe d'observateurs de l'OSCE avait été tenue captive durant plus d'une semaine à Sloviansk.

La chancelière et le président russe se sont aussi entretenus de la visite prévue du président suisse de l'OSCE, Didier Burkhalter, à Moscou mercredi. Cette rencontre doit être l’occasion d’évoquer entre autres la mise en place de « tables rondes » placées sous le parrainage de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Ces « tables rondes » sont destinées à favoriser un dialogue national avant les élections présidentielles du 25 mai 2014 en Ukraine.

Le ministère fédéral des Affaires étrangères met à jour ses conseils aux voyageurs

Le ministère fédéral des Affaires étrangères a mis à jour ses conseils aux voyageurs pour l'Ukraine, déconseillant vivement les voyages dans la péninsule de Crimée compte tenu de la situation sécuritaire très tendue. Du point de vue du gouvernement fédéral, la Crimée fait toujours partie de l'Ukraine en vertu du droit international ; cependant, dans les faits, elle est actuellement sous contrôle russe. Étant donné la situation actuelle, aucune protection consulaire ne peut être fournie aux ressortissants allemands s'y trouvant.

Les voyages dans l'est et le sud du pays sont également vivement déconseillés. Le ministère recommande aux ressortissants allemands séjournant dans ces régions de les quitter.
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