Crise en Ukraine: l’UE agit fermement

Conseil des affaires étrangères Crise en Ukraine: l’UE agit fermement

Le gouvernement fédéral accorde son soutien sans réserve aux décisions prises le 22 juillet par le Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne. Celles-ci prévoient un train de sanctions fortes si la Russie ne se montre pas immédiatement et pleinement coopérative. À Bruxelles, les 28 ambassadeurs auprès de l’UE poursuivent l’examen des options.

Le Comité des représentants permanents des États membres de l’Union européenne (Coreper) a décidé jeudi d’étendre les sanctions ciblées. 15 autres personnalités russes et ukrainiennes ainsi que, pour la première fois, neuf entreprises et neuf institutions ont été ajoutées à la liste des sanctions.

Les sanctions produisent déjà leurs effets

Le ministre fédéral des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a défendu ces instruments contre leurs détracteurs. Si l’on jette un coup d’œil aux chiffres purs et simples, on s’aperçoit que « avant même que les sanctions aient été formulées à l’encontre de la Russie, Moscou avait perdu une centaine de milliards de dollars. Pourquoi ? Parce que les conditions d’investissement dans le pays ne sont pas sûres », a-t-il relevé.

Et c’est pour cette raison que les investissements de l’Ouest font actuellement défaut, a-t-il poursuivi. De plus, les capitaux continuent de fuir la Russie. « En clair, cela signifie que les oligarques mettent leur argent à l’abri hors du pays. Ce sont là les conséquences de notre politique, et je ne vois pas en quoi elle serait faible », a déclaré le chef de la diplomatie allemande avec conviction.

Concernant la marche à suivre, M. Steinmeier a insisté sur le rôle incombant à la diplomatie. Si l’on exclut la riposte militaire comme instrument de la « boîte à outils », il reste justement les moyens politiques et diplomatiques, que nous ne devrions donc pas discréditer, a-t-il rappelé, avant de souligner : « c’est un bien précieux avec lequel nous pouvons vraiment opérer ».

Moscou toujours tenu d’agir

Même si la situation a un peu progressé, « les séparatistes ne se montrent toujours pas pleinement coopératifs » aux yeux du gouvernement allemand en ce qui concerne le dégagement de toutes les victimes du crash aérien dans l’est de l’Ukraine. Telle est la critique formulée par le porte-parole adjoint du gouvernement fédéral Georg Streiter le 23 juillet. Ils ne contribuent pas non plus entièrement à faire la lumière sur les circonstances de la catastrophe, à permettre l’accès sans entraves des experts internationaux au site de la catastrophe et à sécuriser l’épave et les biens des victimes retrouvés sur les lieux, a-t-il souligné.

« Les dernières déclarations qui nous sont parvenues en provenance de Moscou n’incitent pas non plus à conclure que le Kremlin s’intéresse vraiment à ce que l’affaire soit pleinement élucidée », s’est plaint le porte-parole adjoint du gouvernement allemand. Elles ne semblent pas non plus vouloir indiquer que les dirigeants russes soient prêts « à user dans toute la mesure nécessaire de leur influence sur les groupements armés prorusses » qui agissent en partie sous la direction de collaborateurs de longue date des services secrets russes.

Selon M. Streiter, les rapports continuent de faire état de l’afflux d’armes russes dans l’Est ukrainien via les sections frontalières contrôlées par les séparatistes. Ici aussi, Moscou a la responsabilité de s’y opposer, a-t-il fait remarquer.

Angela Merkel: une réunion extraordinaire possible

Pour cette raison, la chancelière fédérale soutient explicitement les décisions de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne qui s’est tenue hier, a déclaré M. Streiter. Les conclusions du Conseil des affaires étrangères prévoient ce qui suit :

Si la Russie ne se montre pas immédiatement et pleinement coopérative sur les points connus, qui concernent aussi bien l’évolution de la situation dans son ensemble dans l’est de l’Ukraine que des résultats concrets dans l’enquête sur la catastrophe aérienne, un train de sanctions fortes sera mis en œuvre en application des décisions arrêtées précédemment en Conseil européen.

Dans ce contexte, M. Streiter a rappelé que la Commission et le Service européen pour l’action extérieure avaient été priés de soumettre des propositions pour restreindre l’accès aux marchés des capitaux et dans les domaines des biens d’armement, des biens à double usage et des technologies sensibles, c’est-à-dire également dans le secteur énergétique.

Aux yeux de Mme Merkel, il convient de prendre « rapidement des décisions » à cet égard, a souligné M. Streiter. Mme Merkel « soutient sans réserve les efforts déployés par les ministres des Affaires étrangères pour parvenir à un accord dans ce dossier », a-t-il insisté. Il a ajouté que le Conseil européen était lui aussi « prêt le cas échéant à tenir une réunion extraordinaire » comme il l’avait déjà affirmé la semaine passée.

Accélération des décisions sur les sanctions

M. Streiter a également annoncé que la mise en œuvre des décisions adoptées mercredi dernier en Conseil européen serait accélérée. Ces décisions visent à étendre les « mesures restrictives », en d’autres termes les sanctions, directement aux entreprises. Dorénavant, les personnes ou entités qui apportent un soutien actif aux décideurs russes responsables de l’annexion de la Crimée ou de la déstabilisation de l’est de l’Ukraine pourront également tomber sous le coup de ces sanctions.

M. Streiter a poursuivi en disant que les personnes qui sont favorisées par de tels décideurs pourront elles aussi faire l’objet de ces sanctions. D’ici la fin juillet, d’autres décisions seront prises pour limiter les investissements et les échanges avec la Crimée, a-t-il précisé.

Le cessez-le-feu reste l’objectif majeur

Concernant l’Ukraine, l’objectif majeur reste la conclusion d’un cessez-le-feu bilatéral. Pour ce faire, le groupe de contact composé de représentants de l’OSCE, de la Russie et de l’Ukraine essaie d’organiser une rencontre avec les séparatistes. Il y a déjà eu plusieurs entretiens par vidéoconférence, a déclaré le porte-parole.

« Il s’agit en fin de compte de mettre en œuvre le plan de paix du président ukrainien Petro Porochenko afin que l’Ukraine soit une démocratie pacifique et stable, entièrement souveraine dans sa prise de décision », a conclu M. Streiter.

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