L’Allemagne prête à ouvrir « un nouveau chapitre du partenariat transatlantique »

La chancelière fédérale à la Conférence de Munich sur la sécurité L’Allemagne prête à ouvrir « un nouveau chapitre du partenariat transatlantique »

Au cours du forum virtuel de la Conférence de Munich sur la sécurité, Angela Merkel a esquissé quelques défis majeurs de la politique de sécurité. Elle a souligné que le multilatéralisme devait former la « base de notre action politique » et exprimé son attachement au partenariat transatlantique.

Depuis la Chancellerie fédérale, Angela Merkel prend part au forum virtuel de la Conférence de Munich sur la sécurité.

Angela Merkel a participé au forum virtuel depuis la Chancellerie fédérale.

Photo : Bundesregierung/Bergmann

En raison de la pandémie, la Conférence de Munich sur la sécurité se tiendra dans son format traditionnel plus tard cette année. Le forum virtuel organisé aujourd’hui offrait donc à la diplomatie internationale une plateforme alternative. Outre la chancelière allemande y participaient le président américain Joe Biden, le président français Emmanuel Macron, le premier ministre britannique Boris Johnson, le secrétaire général des nations Unies António Guterres et d’autres éminents décideurs.

Seule une lutte commune contre la pandémie peut aboutir

Selon Angela Merkel, les événements de ces dernières années tout particulièrement ont montré à quel point il était « important et juste » que l’engagement en faveur du multilatéralisme soit la « base de notre action politique ». Cela apparaît clairement notamment dans la lutte actuelle contre la pandémie de Covid-19, qui ne peut aboutir que si nous agissons ensemble. En effet, le virus ne sera vaincu qu’à partir du moment où le monde entier aura été vacciné. C’est pourquoi, selon Mme Merkel, l’une des priorités est d’assurer « un approvisionnement égalitaire et rapide en vaccins de tous les habitants de la planète ». Lors de la réunion du G7 qui s’est tenue aujourd’hui, l’Allemagne a donc annoncé le versement de 1,5 milliard d’euros supplémentaires pour l’Accélérateur ACT ainsi que pour la campagne mondiale de vaccination COVAX.

Le «  Dispositif pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre la COVID-19 », appelé également « Accélérateur ACT », est une collaboration à l’échelle mondiale destinée à accélérer le développement, la production et l’accès équitable aux tests, aux traitements et aux vaccins contre la Covid-19. Le mécanisme COVAX (pour un accès mondial aux vaccins) est l’axe de travail vaccins de l’Accélérateur ACT. Dirigée par l’OMS, l’Alliance du Vaccin (GAVI) et la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI), cette initiative s’emploie à ce que tous les pays aient accès aux vaccins, et ce à un prix abordable.

De même, les objectifs fixés concernant la protection du climat, la biodiversité, la lutte contre le terrorisme international et la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030 ne peuvent être atteints, déclarait encore Mme Merkel, que si nous « unissons nos forces dans tous les domaines » et considérons la sécurité « comme une notion procédant d’une approche globale de la sécurité, de la sécurité multidimensionnelle ».

L’Allemagne apporte beaucoup au partenariat transatlantique

La chancelière a souligné que l’Allemagne se sentait tenue de consacrer 2 % de son PIB à la défense, objectif fixé par l’OTAN en 2014. Cela dépend néanmoins de la contribution du pays au partenariat transatlantique. Depuis 18 ans, l’Allemagne déploie en effet un engagement décisif en Afghanistan. Elle est prête aussi à s’engager plus longtemps « si cela permet à la mission de réussir et nous met en position de fournir également une chance réelle aux forces démocratiques et pacificatrices en Afghanistan ». De plus, l’Allemagne opère en tant que nation-cadre en Lituanie et participe à la lutte contre le terrorisme islamique, de même qu’elle est présente en Iraq.

Les relations avec l’Afrique revêtent une grande importance stratégique

Mme Merkel a souligné que l’Allemagne était autant attachée à l’OTAN, en tant que « pilier transatlantique central », qu’à la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD). À son avis, l’OTAN et la PESD ne peuvent pas être considérées séparément, « au contraire, elles se complètent et sont même indissociables ».

Pour l’Union européenne, quelques questions sont « essentielles », par exemple l’engagement en Afrique ou l’avenir de la Syrie. En particulier les relations avec l’Afrique sont « d’une telle importance stratégique » qu’elles devraient également représenter un sujet important dans le dialogue transatlantique. L’évolution de la situation en Libye est, pour la chancelière, « le pivot » de la lutte contre le terrorisme islamique. En dépit des quelques succès remportés, il ne faut « pas être naïf », estime Mme Merkel, ajoutant qu’il faudrait « que nous nous engagions ensemble pour que la Libye et son avenir appartiennent aux Libyens ». 

Agenda transatlantique concernant la Russie et la Chine

Mme Merkel a brossé par ailleurs deux grandes tâches pour le partenariat transatlantique. Premièrement : le développement d’un agenda transatlantique avec la Russie, qui devra contenir des offres de coopération « tout en désignant très clairement les différences ». Deuxièmement : un agenda commun vis-à-vis de la Chine. Cette dernière ayant acquis de la puissance à l’échelle mondiale, « nous devons, en tant qu’alliance transatlantique et que démocraties du monde, y opposer certaines actions ». Actuellement, cela s’applique par exemple à la question de la fourniture de vaccins aux pays en développement ou à celle du renforcement des organisations multilatérales.

Il s’agit désormais de définir ensemble des défis stratégiques et de fixer des modes d’action communs. « À mes yeux, la perspective transatlantique est au centre de ces efforts », estime Mme Merkel. L’Allemagne est prête à ouvrir « un nouveau chapitre du partenariat transatlantique ».

En raison de la pandémie de Covid-19, la Conférence de Munich sur la sécurité se tient cette année sous forme d’édition spéciale. Pour en savoir plus, cliquer ici.