Un signal clair contre l’extrémisme de droite et le racisme

Le comité interministériel pour la lutte contre l’extrémisme de droite et le racisme présidé par la chancelière fédérale Angela Merkel

Le comité s’est réuni mercredi à l’issue du conseil des ministres ordinaire

Photo : Bundesregierung/Denzel

Entre 2021 et 2024, le gouvernement fédéral souhaite consacrer au total plus d’un milliard d’euros à la lutte contre l’extrémisme de droite et le racisme. En outre, il proposera à la Commission du budget du Bundestag allemand, lors de la session de rectification du budget 2021, de mettre à disposition 150 millions supplémentaires pour des mesures allant en ce sens. C’est ce que recommande le comité interministériel pour la lutte contre l’extrémisme de droite et le racisme.

Ce comité a présenté un ensemble de près de 90 mesures concrètes pour la lutte contre l’extrémisme de droite, le racisme et l’antisémitisme. Les moyens alloués doivent notamment permettre d’intensifier la recherche et la prévention. Par ailleurs, la coopération entre les autorités de sécurité, la justice ainsi que les acteurs étatiques et de la société civile doit être consolidée.

Comprendre les causes et donner des réponses

Les membres du comité sont unanimes quant à la nécessité d’un renforcement de la lutte contre l’extrémisme de droite et le racisme. Avec cet ensemble de mesures, le gouvernement fédéral souhaite mieux comprendre les causes particulières de l’extrémisme de droite et du racisme, répondre en tant qu’État fort aux actes des extrémistes de droite et promouvoir davantage la société civile démocratique.

Cet ensemble de 89 mesures prend en compte les avis des représentants de la société civile et en particulier des organisations de migrants, de la communauté scientifique ainsi que des pays consultés par le comité interministériel au cours de l’élaboration des mesures.

Quatre objectifs principaux

Toutes les mesures s’appuient sur les objectifs définis dans le premier rapport du comité interministériel du 20 mai 2020 :

1. Sensibilisation au racisme en tant que phénomène concernant l’ensemble de la société et amélioration des structures étatiques dans le domaine de la lutte contre l’extrémisme de droite et le racisme ; renforcement de la coopération entre les autorités de sécurité, la justice ainsi que les acteurs étatiques et de la société civile et amélioration des données empiriques.


2. Développement et renforcement de la prévention de l’extrémisme de droite, du racisme, de l’antisémitisme, de l’islamophobie et de toutes les formes de haine à l’égard de groupes de personnes particuliers dans les structures ordinaires de tous les domaines de la société, aussi en ligne ; poursuite du développement de l’éducation politique et de la promotion du travail démocratique.

3. Renforcement du soutien aux personnes concernées par les discriminations racistes et à leur environnement social ; protection efficace des victimes et amélioration des structures durables de lutte contre le racisme.


4. Reconnaissance et valorisation d’une société plurielle et promouvant l’égalité des chances et renforcement de l’égalité des possibilités de participation à la société des personnes issues de la migration.

Un accent mis sur l’écoute des personnes concernées

La quatrième réunion du comité interministériel est prévue pour la fin du premier trimestre 2021. Un rapport final sur le travail du comité et l’avancement de la mise en œuvre des mesures doit ensuite être transmis au Bundestag allemand.

En amont, le comité s’est intéressé de manière très concrète à l’expérience que font malheureusement encore trop souvent certains de nos concitoyens au quotidien de l’extrémisme de droite, du racisme, de l’antisémitisme et d’autres formes de xénophobie à l’égard de certains groupes.

Une consultation des représentants de la société civile et en particulier des organisations de migrants et de la communauté scientifique a ainsi eu lieu le 2 septembre 2020 lors de la deuxième réunion du comité. Plusieurs auditions avaient été organisées auparavant, de même qu’une réunion de haut rang entre la Fédération et les Länder.

Composition du comité : la chancelière fédérale Angela Merkel préside le comité. Le ministre fédéral de l’Intérieur Horst Seehofer est le délégué à la présidence, et le ministre fédéral des Finances Olaf Scholz le suppléant. La ministre fédérale de la Justice, la ministre fédérale de la Défense, la ministre fédérale de la Famille, la ministre fédérale de l’Éducation, le chef de la Chancellerie fédérale, la déléguée du gouvernement fédéral à l’Intégration, la déléguée du gouvernement fédéral à la Culture et aux Médias, la déléguée du gouvernement fédéral à la Transformation numérique et le porte-parole du gouvernement fédéral font également partie du comité.

D’autres membres du gouvernement fédéral peuvent être impliqués si leur domaine de compétence est concerné. De plus, le délégué du gouvernement fédéral chargé des nouveaux Länder, le délégué du gouvernement fédéral pour la vie juive en Allemagne et la lutte contre l’antisémitisme, et le délégué du gouvernement fédéral chargé des intérêts des victimes et des proches des victimes d’infractions terroristes commises sur le territoire national sont invités permanents.