Appel à la raison politique de la Russie

Déclaration de politique générale sur l'Ukraine Appel à la raison politique de la Russie

Dialogue - aide - sanctions : cette triple approche est le fil conducteur de la position adoptée par l'Allemagne et ses partenaires dans la crise que traverse la péninsule de Crimée. Dans sa déclaration de politique générale sur l'Ukraine, la chancelière fédérale a appelé à résoudre la crise par la voie diplomatique, dans le meilleur intérêt de l'Ukraine et de l'Europe.

La chancelière fédérale Angela Merkel prononce devant le Bundestag une déclaration de politique générale au sujet de l'Ukraine.

L'action militaire ne constitue pas une option, selon Angela Merkel.

Photo : Bundesregierung/Döring

L'année de commémoration 2014 met tout spécialement en lumière que l'Europe a su tirer les enseignements d'un siècle sanglant. Selon la chancelière, la construction européenne représente une « grande promesse de paix, de liberté et de prospérité ». À présent, le continent ne doit pas renouer avec « d'anciennes pratiques des XIXe et XXe siècles ».

Contre la « loi du plus fort »

Par ses agissements en Crimée, la Russie profite d'une phase d'insécurité en Ukraine, a déclaré Angela Merkel au Bundestag. Le pays remet ouvertement en question l'intégrité territoriale de l'Ukraine. « La loi du plus fort bouscule la force de la loi, et les intérêts géopolitiques unilatéraux sont placés au-dessus de l'entente et de la coopération. »

Cette violation du droit international n'est pas acceptable. La chancelière fédérale a appelé la Russie à faire des concessions dans ce conflit. En cas d'annexion de la Crimée et de déstabilisation de l'Ukraine orientale, les relations qu'entretiennent l'Union européenne (UE) et les États du G7 avec la Russie seraient non seulement modifiées, mais c'est surtout la Russie qui se nuirait à elle-même de manière significative, « tant sur le plan économique que politique » .

Pour la diplomatie, contre l'action militaire

« Ce conflit ne doit pas être résolu par la voie militaire », tel est le constat sans équivoque de la chancelière fédérale. L'action militaire ne constitue pas une option.

La chancelière fédérale, qui a mené des entretiens sur la crise en Crimée avec de nombreux partenaires ces derniers jours, a exposé au Bundestag l'approche de l'UE. Les efforts diplomatiques en faveur d'un règlement pacifique du conflit et l'aide à l'Ukraine en constituent le noyau. Si la Russie ne coopère pas, des sanctions seront prises contre le pays.

La Russie doit approuver une mission internationale

L'intégrité territoriale de l'Ukraine n'est pas négociable, a affirmé Mme Merkel. C'est sur cette prémisse que doit se fonder le travail d'une mission d'observation et/ou d'un groupe de contact ou de coopération. La Russie se doit d'approuver une telle mission internationale, a souligné la chancelière, qui a ajouté que la République de Moldova et la Géorgie avaient aussi la solidarité de l'UE.

Des aides importantes pour l'Ukraine sont également prévues. Elles ont été décidées dès le sommet extraordinaire des chefs d'État et de gouvernement de l'UE, le 6 mars 2014. « Une aide d'urgence est requise », et des représentants du Fonds monétaire international et de l'UE sont déjà sur le terrain, en Ukraine.

Pas de comparaison Kosovo - Ukraine
Mme Merkel a qualifié de « honteuse » la comparaison entre la Crimée et l'ancienne province serbe du Kosovo, parfois évoquée dans les débats actuels. La situation du Kosovo à l'époque n'est absolument pas comparable avec la situation actuelle en Ukraine.

Politique de voisinage plutôt que géopolitique

Il a également été décidé de signer rapidement le volet politique de l'accord d'association avec l'UE. On veut faire avancer le plus rapidement possible les négociations sur l'allègement du régime de visas. Il s'agit de faire de la « politique de voisinage, et non de la géopolitique », a expliqué la chancelière, soulignant que cela n'était dirigé contre personne. Il faut aider le gouvernement ukrainien à être un gouvernement pour tous les Ukrainiens, à combler les fossés et à préparer la tenue d'élections libres et justes en mai.

Si la Russie ne retrouve pas le chemin de la coopération, des sanctions supplémentaires seront prises contre le pays, a déclaré Mme Merkel. Dans ce cas, les ministres des Affaires étrangères de l'UE imposeraient des interdictions d'entrée et gèleraient les actifs d'acteurs russes lors de leur prochaine réunion, le 17 mars.

« Personne d'entre nous ne souhaite en arriver à de telles mesures », a affirmé la chancelière fédérale. « Cependant, nous sommes tous prêts et résolus à les adopter si elles devaient s'avérer inévitables ».

Mots-clés