Angela Merkel propose de l'aide à la Turquie pour la région frontalière

La chancelière fédérale Angela Merkel s'entretient avec le premier ministre turc Ahmet Davutoğlu

Angela Merkel : l'Allemagne sera aux côtés de la Turquie pour prendre en charge les réfugiés syriens

Photo : Bundesregierung/Steins

Concernant la crise des réfugiés, il s'agit à présent d'accueillir les réfugiés légaux et d'endiguer la migration irrégulière..

Lors d'une conférence de presse commune avec le premier ministre turc Ahmet Davutoğlu, la chancelière fédérale Angela Merkel a abordé la situation dramatique des réfugiés à la frontière turco-syrienne. En Allemagne, « la consternation règne face à la souffrance humaine infligée à des dizaines de milliers de personnes par les bombardements - bombardements qui, pour la plupart, sont le fait de la Russie ».

Angela Merkel a rappelé que la Russie avait elle-même approuvé la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies du 18 décembre 2015 dans laquelle le Conseil de sécurité exige de toutes les parties qu'elles mettent immédiatement fin à toutes attaques contre les populations ou les biens civils en Syrie. C'est pourquoi, selon la chancelière, « l'Allemagne et la Turquie vont de nouveau s'activer au sein des Nations Unies et pousser au respect de cette résolution que la Russie avait elle aussi adoptée ».

Aide de l'OTAN et du THW

Mme Merkel a annoncé que les ministres de la Défense de l'OTAN allaient, lors de leur prochaine rencontre, tenter de définir « dans quelle mesure l'OTAN peut apporter son soutien au travail de Frontex et des garde-côtes turcs par le biais de l'observation de la situation en mer ».

Au regard de la situation précaire des réfugiés à la frontière turco-syrienne, la chancelière a proposé à la Turquie que l'Agence fédérale de secours technique (Technische Hilfswerk - THW) coopère avec les secours turcs dans la prise en charge des réfugiés.

Besoin urgent de projets pour les réfugiés

L'UE met à disposition de la Turquie trois milliards d'euros afin de surmonter la crise des réfugiés. Il s'agit maintenant d'obtenir rapidement des résultats, d'après Mme Merkel. « Le seul fait qu'il y ait trois milliards d'euros n'aide pas un enfant syrien réfugié en Turquie et devant y être scolarisé. Lui veut voir une école, dans la ville, et ce rapidement. » Il importe à présent que l'argent profite aux réfugiés de façon rapide et non bureaucratique.

Le plan d'action entre l'UE et la Turquie sert également à soutenir la Turquie. La chancelière y voit une responsabilité commune. « Les actions humanitaires entre deux gouvernements ou entre l'UE et le gouvernement turc ne peuvent en aucun cas avoir lieu au bon gré des passeurs et des trafiquants, nous devons prendre le contrôle », a-t-elle martelé.

Créer des voies d'immigration légales

Il importe que la sortie de Syrie par la Turquie ne se fasse pas dans l'illégalité, mais de façon « contrôlée, légale et organisée par nous », a poursuivi la chancelière. Cela devrait également avoir pour effet qu'un nombre sensiblement plus faible de réfugiés prenne la route de l'Europe et de l'Allemagne.

« Nous voulons avoir des voies d'immigration légales sous forme de contingents », a affirmé Mme Merkel. C'est pourquoi la création d'un groupe de travail a également été évoquée. Le gouvernement fédéral voit fondamentalement dans l'adoption de contingents un moyen de soulager les pays voisins de la Syrie, particulièrement accablés.