Angela Merkel et François Hollande se concertent

Avant le sommet spécial de la zone euro consacré à la Grèce à Bruxelles Angela Merkel et François Hollande se concertent

Les conditions préalables pour pouvoir négocier un programme d’aide concret à la Grèce ne sont pas réunies, a déclaré la chancelière fédérale à Paris. Mais la porte reste ouverte aux discussions.

Assis sur un divan, Angela Merkel et François Hollande sont en train de discuter ; à leurs côtés (à d. et à g.) leurs interprètes

Rencontre avant le sommet : la porte reste ouverte aux discussions, déclarent la chancelière allemande et le président français

Photo : Bundesregierung/Bergmann

« Nous respectons cette décision en tant que vote d’un peuple souverain. » Telle a été la réaction de la chancelière allemande lundi au lendemain du référendum au cours duquel les Grecs s’étaient majoritairement exprimés contre la dernière proposition des créanciers (FMI, BCE et Commission européenne). Mme Merkel a ajouté qu’il fallait maintenant vivre avec cette décision.

Mme Merkel a rencontré lundi soir à Paris le président de la République française, François Hollande. Elle s’était auparavant entretenue à midi au téléphone avec le Premier ministre grec, Alexis Tsipras.

Équilibre entre solidarité et responsabilité

Le président du Conseil européen Donald Tusk a invité aujourd’hui les chefs d’État et de gouvernement de tous les pays de la zone euro à se réunir à Bruxelles. Angela Merkel a constaté à ce propos qu’à la suite de la décision du peuple grec, il était nécessaire de discuter des points de vue des 18 autres États membres.

De façon générale, le grand principe – européen – de la solidarité et de la responsabilité continue de s’appliquer. « Nous avons déjà fait preuve de beaucoup de solidarité avec la Grèce », a déclaré Mme Merkel en mentionnant la « dernière proposition très généreuse ». D’un autre côté, l’Europe ne peut être cohérente et rester unie que si « chaque pays assume également sa propre responsabilité ».

Lundi midi, le porte-parole du gouvernement fédéral, Steffen Seibert, avait constaté à Berlin que le résultat du référendum était un rejet du principe sur lequel reposent les aides européennes, à savoir que la solidarité et les efforts sont indissociablement liés. Et il avait affirmé que le gouvernement fédéral demeurait attaché à ce principe.

La discussion reste ouverte

La porte reste ouverte aux discussions, a insisté Mme Merkel. C’est la raison pour laquelle les chefs d’État et de gouvernement des pays de la zone euro se réunissent ce mardi. Il sera donc important de voir quelles propositions précises M. Tsipras soumettra concernant un programme susceptible de relancer la croissance à moyen terme dans son pays.

Des propositions avant la fin de la semaine

« Il y a urgence », a insisté Mme Merkel, avant d’ajouter que l’on attacherait donc « beaucoup d’importance à ce que le Premier ministre grec mette des propositions sur la table avant la fin de la semaine » pour sortir de la situation telle qu’elle se présente aujourd’hui.

Concernant les spéculations sur un « Grexit », une sortie de la Grèce de la zone euro, le porte-parole du gouvernement fédéral a souligné lundi midi que « la Grèce est dans la zone euro », mais qu’il appartient toutefois au gouvernement grec de faire en sorte que cela reste le cas.

Pas de réduction de la dette grecque

D’après le ministère fédéral des Finances, un allègement de la dette n’est toujours pas à l’ordre du jour. La position allemande n’a aucunement changé sur ce point, a déclaré à son tour le porte-parole du ministère Martin Jäger. Il a insisté sur le fait que, conformément au traité instituant le Mécanisme européen de stabilité (MES) en vigueur, une procédure échelonnée était nécessaire pour un nouveau plan d’aide à la Grèce. Il faut pour ce faire notamment l’approbation de l’assemblée plénière du Bundestag, a-t-il conclu.

Aide aux Grecs

M. Seibert a évoqué la perspective d’un soutien de l’Allemagne à la population grecque. On étudiera quelles sont les voies possibles pour venir en aide aux Grecs, a-t-il assuré.

La balle dans le camp d’Athènes

Le ministre fédéral des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a pour sa part déclaré, en marge des négociations sur le nucléaire avec l’Iran, que « nous devons tout d’abord accepter » l’issue du vote grec. Il revient maintenant en tout premier lieu à la Grèce de décider quelles conséquences en tirer, a ajouté le chef de la diplomatie allemande avant de remarquer : « En d’autres termes, la balle est dans le camp d’Athènes. »

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