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L’Allemagne dialogue

« Nous sommes curieux »

La chancelière fédérale Angela Merkel a inauguré à Berlin le dialogue citoyen en compagnie du ministre fédéral de l’Économie et de l’Énergie, Sigmar Gabriel. « Osez la diversité », a-t-elle lancé aux organisateurs de dialogues citoyens qui assistaient à l’événement.

Angela Merkel discute lors du lancement du cycle « Bien vivre en Allemagne – ce qui est important pour nous »

Tous les citoyens sont invités à participer activement à l’un des dialogues citoyens, sur place ou en ligne

Photo : Bundesregierung/Kugler

« Bien vivre en Allemagne – ce qui est important pour nous » (Gut leben in Deutschland – Was uns wichtig ist), tel est l’intitulé du dialogue citoyen dont la chancelière a donné le coup d’envoi au gazomètre de Berlin-Schöneberg. Devant le parterre de représentants des organisateurs de dialogues citoyens venus de toute l’Allemagne, elle a constaté que les citoyens étaient préoccupés par des questions très différentes et que la politique ne savait pas toujours lesquelles de ces questions étaient les plus urgentes. C’est justement là l’un des objectifs du dialogue citoyen, a-t-elle résumé.

Qu’est-ce qui est important pour les citoyens de notre pays ? Sigmar Gabriel a fait remarquer que le « ce qui est important pour nous » énoncé dans le titre du dialogue citoyen n’est pas une constatation « mais une question délibérément ouverte ». La chancelière a ajouté que c’est précisément lorsqu’il est question des priorités des personnes que l’on veut être très attentif. « Nous ne connaissons pas les réponses », a-t-elle relevé, « et nous nous efforçons de ne pas estimer les connaître ; nous sommes curieux ».

« Nous avons absolument besoin du débat public », a insisté Sigmar Gabriel. Le paysage politique a beaucoup changé en Allemagne et la politique doit trouver de nouvelles pistes pour atteindre le plus grand nombre de personnes possible.

Garantie pour une démocratie forte

À l’issue des discours d’ouverture, la présentatrice Jana Pareigis a introduit la table ronde à laquelle participaient les deux hauts responsables politiques, trois organisateurs de dialogues citoyens et un représentant du Conseil consultatif scientifique. Les différentes approches du thème de la qualité de vie étaient au centre du débat.

Tom Beyer, membre de la Conférence permanente des représentations d’élèves des Länder en République fédérale d’Allemagne (Bundesschülerkonferenz – BSK), a relaté par exemple ses expériences en rapport avec l’engagement politique des jeunes. Ces derniers remarquent vite que la démocratie n’est pas un service mais qu’elle vit de la participation, a-t-il noté. Sigmar Gabriel a relayé ses propos en disant : « une société civile vivante est une garantie pour une démocratie forte ».

Le secrétaire du syndicat IG BCE (syndicat des mines, de la chimie et de l’énergie), Dennis Radtke, a dit pour sa part avoir fait l’expérience que le travail jouait pour beaucoup un rôle très important dans la qualité de vie, notamment un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée. De ce point de vue, des formats tels que le dialogue citoyen offrent selon lui une bonne occasion de débattre pour une fois de ce sujet sous un angle différent. Le professeur Christoph M. Schmidt, membre du Conseil consultatif scientifique, a soumis l’idée que le dialogue citoyen pouvait contribuer à une question essentielle qui est de savoir si, par le passé, la science a toujours tiré les bonnes conclusions.

Pour un dialogue vivant

Ulrich Aengenvoort, directeur de la Confédération allemande pour l’éducation des adultes (Deutsches Volkshochschul-Verband – DVV), a parlé quant à lui de ses expériences positives concernant le dialogue citoyen. À son avis, lorsque la politique s’intéresse aux opinions de la population, dans le cadre du dialogue citoyen par exemple, celle-ci s’intéresse elle aussi en retour à la politique. Fort de son expérience, il a dit penser que les débats menés dans des groupes hétérogènes et des formats appropriés pouvaient donner de bons résultats.

Angela Merkel a souligné que les contributions au dialogue citoyen feraient l’objet d’une évaluation scientifique et seraient consignées dans un plan d’action du gouvernement fédéral. Il s’agira ensuite de mettre ce dernier en œuvre le plus rapidement possible : « Il n’est pas question de reporter le tout indéfiniment », a-t-elle affirmé. À la fin de la table ronde, la chancelière s’est adressée aux multiplicateurs du dialogue citoyen à qui elle a demandé d’oser la diversité dans un dialogue vivant, concluant en ces termes : « L’idéal pour nous tous serait une culture de débat productive ».