« L'Allemagne restera l'Allemagne »

Angela Merkel s'exprime lors du débat sur le budget « L'Allemagne restera l'Allemagne »

La chancelière fédérale Angela Merkel a qualifié la situation en ce qui concerne la gestion de la crise des réfugiés de « bien meilleure qu'il y a un an ». Il n'en reste pas moins beaucoup à faire, a-t-elle concédé. Elle a remercié les professionnels et les bénévoles pour leur engagement.

La chancelière fédérale Angela Merkel lors de son discours au Bundestag sur le budget 2017

« Nous augmenterons nos dépenses pour le logement et les crèches, et ce, au bénéfice de tous, pas seulement des réfugiés »

Photo : Bundesregierung/Steins

La liberté, la sécurité, la justice, la solidarité : le travail du gouvernement fédéral s'appuie sur ces valeurs et a pour objectif de fournir de bonnes perspectives à la population en Allemagne, a affirmé la chancelière fédérale Angela Merkel lors du débat budgétaire au Bundestag.
Le budget 2017 est un « budget d'organisation » qui apporte des réponses aux problèmes de notre temps et ce, sans avoir recours à de nouvelles dettes. Le gouvernement fédéral augmente ses dépenses au bénéfice de tous, pas seulement des réfugiés, a souligné la chancelière fédérale.

Une année marquée par de nombreuses décisions

Mme Merkel a remercié en tout premier lieu les nombreux professionnels et bénévoles : « Nombreux sont ceux qui se sont attelés à la tâche, qui se sont dépassés. » La situation en Allemagne est « bien meilleure » qu'il y a un an, lorsque la crise des réfugiés atteignait son paroxysme, a affirmé la chancelière. Des règlements ont été repensés, des procédures ont été améliorées et la prise de décision a été accélérée, a-t-elle dit. « Les mouvements de réfugiés en Allemagne sont à présent ordonnés et contrôlés » a affirmé Mme Merkel. Le nombre des réfugiés arrivant en Allemagne a été considérablement réduit. « Et nous assumons également nos responsabilités humanitaires aux niveaux national et international », a souligné la chancelière.

Moyens consacrés à l'intégration et à la lutte contre les causes de migration
Le projet de budget 2017 prévoit de consacrer près de 19 milliards d'euros à la gestion de l'immigration et à la lutte contre les causes de départ. Environ un milliard d'euros ira à l'accueil des demandeurs d'asile et au traitement rapide des procédures d'asile. La Fédération doublera les ressources destinées aux cours d'intégration, les portant à 610 millions d'euros. Plus de 1,5 milliard d'euros est prévu en 2017 pour l'intégration au marché du travail, tandis que 410 millions d'euros iront aux cours de langue axés sur l'emploi et 300 millions d'euros, aux opportunités professionnelles s'inscrivant dans des mesures d'intégration des réfugiés. Enfin, le ministère fédéral des Affaires étrangères et le ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement recevront 2,8 milliards d'euros supplémentaires pour la lutte contre les causes de départ.

Cependant, il reste encore beaucoup à faire en ce qui concerne l'intégration des réfugiés, a admis la chancelière. Mme Merkel a mentionné entre autres l'apprentissage de la langue et l'intégration au marché de l'emploi. Au cours des derniers mois, les procédures auprès de l'Office fédéral des migrations et des réfugiés (BAMF) ainsi que la législation en matière d'asile ont été améliorées afin de réagir au grand nombre de réfugiés. Cela a exigé un effort national énorme. Davantage sera fait également en ce qui concerne la sécurité, a indiqué Mme Merkel, se référant aux attentats de cet été. 4 200 emplois supplémentaires seront créés au sein de la Police fédérale.
Elle a souligné que le problème du terrorisme n'était pas arrivé en Allemagne avec les réfugiés. Dans le même temps, Mme Merkel a réaffirmé qu'il fallait dire à ceux qui n’ont pas le droit de rester : « Vous devez rentrer chez vous, sans quoi nous ne serons pas en mesure de maîtriser les tâches qui nous incombent. »

Accord UE-Turquie

Angela Merkel a réaffirmé son engagement envers l'accord conclu entre l'UE et la Turquie en matière de réfugiés : si les droits de l'homme font l'objet de violations en Turquie, il faut nommer les choses, et si une tentative de putsch a lieu, celle-ci est également condamnée.
« L'accord avec la Turquie est un modèle pour d'autres accords de ce genre », a déclaré la chancelière. Elle a cité l'Égypte, la Libye et la Tunisie dans la lutte contre les passeurs et les trafiquants.
Afin de protéger les frontières extérieures de l'UE et d'assurer la liberté de circulation au sein de celle-ci, il est selon Mme Merkel impératif de dialoguer avec les pays voisins. La solidarité en Europe laisse à désirer, il faut continuer à y travailler, a-t-elle critiqué devant le refus de certains pays membres d'accueillir des réfugiés.

Ouvrir des perspectives aux personnes

C'est justement dans les périodes d'incertitude que la politique doit ouvrir aux personnes de bonnes perspectives sociales et économiques. Les conditions à cela sont favorables, car l'Allemagne est dans une bonne condition économique, d'après Mme Merkel. Un nombre croissant de personnes trouvent un emploi et contribuent à l'avancement de la société. L'assurance sociale a été renforcée et « nous investissons dans l'avenir de notre site économique, parce que nous savons que le reste du monde n'est pas en train de dormir », a martelé la chancelière.
Le monde se trouve dans un état critique, selon Mme Merkel. Mais en Allemagne, les finances sont bien gérées, l'économie est forte et la cohésion sociale est bonne. Ce sont là des conditions indispensables qui contribuent simultanément à offrir à la population d'Allemagne un appui et des perspectives.
La consommation des ménages est le moteur de la croissance allemande : Angela Merkel a fait référence à un taux de chômage à son plus bas niveau depuis 25 ans. Le pouvoir d'achat a augmenté, de même que les pensions de retraite et les prestations au titre de la loi fédérale relative à la promotion de la formation professionnelle au plan individuel (BAFÖG). Les dépenses sociales sont portées à 187 milliards d'euros. Mme Merkel a souligné que « nous avons profité de l'augmentation des revenus de l'État pour renforcer la sécurité sociale. »
Dans le même temps, le gouvernement fédéral investit dans l'avenir du pays. La chancelière a notamment fait référence à l'augmentation des moyens alloués à la recherche et au développement, aux transports, au développement du haut débit et à d'autres domaines d'importance stratégique tels que la microélectronique.

« Le changement n'est pas une mauvaise chose »

« Quel pays voulons-nous être aujourd'hui, au XXIe siècle ? » C'est la question qu'a posée Angela Merkel, rappelant que l'Allemagne n'avait cessé de changer depuis la fondation de la République fédérale. « Le changement n'est pas une mauvaise chose. Le changement est une part nécessaire de notre vie », a-t-elle proclamé. Les conditions d'une Allemagne qui reste forte se reflètent dans le libéralisme, la démocratie, l'état de droit et l'engagement envers une économie sociale de marché. Elle a insisté sur le fait que cela ne changerait pas.
Mme Merkel a conclu par ces mots : « L'Allemagne restera l'Allemagne, avec tout ce que nous aimons et chérissons en elle. »

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