Relations entre l’Allemagne et la Turquie

Un lien particulièrement étroit

« La Turquie est et reste un partenaire important », a déclaré Steffen Seibert. Qu’il s’agisse de la question migratoire, de la lutte contre le terrorisme de l’EI ou du règlement du conflit syrien, une coopération étroite et confiante avec la Turquie et les autorités turques demeure nécessaire.

Le drapeau turc

Les relations entre l’Allemagne et la Turquie vont bien au-delà des rapports bilatéraux classiques, selon M. Seibert

Photo : picture alliance / ZB

« Les relations entre l’Allemagne et la Turquie vont bien au-delà des rapports bilatéraux classiques que l’Allemagne entretient avec nombre d’autres pays », a souligné le porte-parole du gouvernement fédéral Steffen Seibert.

Plus de trois millions de personnes ayant leurs racines familiales en Turquie vivent aujourd’hui en Allemagne. Elles se rendent régulièrement en Turquie, notamment parce qu’elles y ont encore de la famille. C’est ce qui fait des relations germano-turques des « relations tout à fait privilégiées », a constaté M. Seibert lors de la conférence de presse gouvernementale de mercredi.

Des intérêts communs

« L’approche commune dans la question des réfugiés consignée dans l’accord entre l’Union européenne et la Turquie participe des intérêts communs », a poursuivi M. Seibert. Les deux parties, l’UE et la Turquie, veulent mettre un terme à l’illégalité et aux filières criminelles de passeurs en mer Égée « et faire ainsi également cesser les nombreux décès de migrants qu’il nous a fallu déplorer auparavant dans cette région ». Or, a fait remarquer le porte-parole, depuis l’entrée en vigueur de l’accord, c’est un résultat largement atteint.

La Turquie est le pays qui a accueilli de loin le plus grand nombre de réfugiés syriens, a-t-il noté. Elle a donc un intérêt légitime à ce que l’Europe porte sa part du fardeau. C’est pourquoi l’UE consacre plusieurs milliards à l’aide aux réfugiés et à des projets en faveur des réfugiés en Turquie. « Ni l’Allemagne ni l’Europe n’ont de raisons de remettre en cause cet accord judicieux », a-t-il insisté.

Faire front commun contre le terrorisme de l’EI

L’islamisme terroriste et violent constitue un danger, selon M. Seibert. Ce danger menace la Turquie, l’Allemagne et l’Union européenne, et il perdure. « Tous les moyens disponibles sont mobilisés pour le combattre », a ajouté M. Seibert, mais cela ne peut fonctionner qu’avec une coopération internationale intensive.

« La Turquie est et reste un partenaire important. » Après s’être radicalisés, de nombreux jeunes quittent l’Allemagne et d’autres pays européens pour se rendre en Syrie et en Iraq en passant par la Turquie. Dès lors, « une coopération étroite et confiante avec la Turquie et les autorités turques demeure nécessaire dans ce domaine », a estimé le porte-parole.

Il a rappelé que la Turquie avait elle-même été victime à plusieurs reprises du terrorisme islamiste. C’est un partenaire dans la lutte contre l’État islamique, au même titre que les nombreux autres pays qui s’opposent à cette idéologie meurtrière. L’Allemagne tient compte de ce fait en déployant notamment des soldats allemands sur la base aérienne d’Incirlik, dans le sud de la Turquie, un des volets de sa contribution à la coalition contre l’EI.

Nouveau rapprochement entre la Turquie et Israël

Le gouvernement turc et le Hamas sont en contact, ce n’est pas nouveau, a constaté M. Seibert, avant d’ajouter : « En tant que gouvernement fédéral, c’est un sujet de préoccupation que nous avons très régulièrement abordé par le passé. »

Précisément ces relations entre la Turquie et le Hamas ayant tant pesé sur les relations turco-israéliennes, le gouvernement fédéral salue le nouveau rapprochement récent entre la Turquie et Israël, a poursuivi le porte-parole.

La Turquie, un partenaire dans le règlement du dossier syrien

La Turquie se trouve en bordure de l’une des régions politiques les plus instables et explosives au monde, a relevé M. Seibert. Trouver une solution au conflit syrien reste donc dans l’intérêt du gouvernement fédéral. Il est indispensable pour cela que tous les partenaires régionaux la soutiennent. Et le porte-parole de conclure : « la Turquie est un tel partenaire ».

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