« Notre pays est fort et préparé à affronter une période tumultueuse »

Séminaire gouvernemental « Notre pays est fort et préparé à affronter une période tumultueuse »

Au cours de son séminaire gouvernemental qui s’est tenu à Meseberg, près de Berlin, le gouvernement fédéral s’est consacré intensivement et avec confiance à la recherche de solutions aux enjeux actuels, à savoir la sécurité nationale et un approvisionnement en énergie sûr et d’un coût abordable. Le chancelier fédéral Olaf Scholz a souligné que ces sujets étaient « de la plus haute importance pour l’avenir de notre pays ».

Le chancelier fédéral Olaf Scholz en compagnie des ministres Robert Habeck et Christian Lindner

Olaf Scholz, Robert Habeck et Christian Lindner : des discussions intenses sur la sécurité et l’approvisionnement en énergie

Foto: Gouvernement fédéral/Denzel

La situation en matière de sécurité, l’approvisionnement en énergie en Allemagne, les mesures contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, tels étaient les sujets abordés lors du séminaire gouvernemental organisé au château de Meseberg pour échanger sur les enjeux actuels qui sont « de la plus haute importance pour l’avenir de notre pays », comme l’a affirmé le chancelier. Après les deux jours de réunion, Olaf Scholz a salué le climat agréable et constructif dans lequel s’était déroulé le séminaire, le fait également d’avoir profité de cette occasion de bien travailler ensemble.

Échanges sur la sécurité

À Meseberg, la résidence des hôtes du gouvernement fédéral, le conseil des ministres a étudié de manière très approfondie la situation sécuritaire internationale. La guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine représentant, selon M. Scholz, une tentative de repousser les frontières par la force, il estime « justifié que nous et tous nos amis et alliés aidions l’Ukraine à défendre son intégrité et sa souveraineté ».

Le nouveau contexte international a, toujours selon lui, des conséquences sur la coopération au sein de l’OTAN, ainsi que sur son élargissement avec l’admission de la Finlande et de la Suède. Le chancelier a rappelé qu’un fonds spécial doté de 100 milliards d’euros avait été créé pour la Bundeswehr. Il considère que ce fonds garantit « que nous puissions remplir toutes les conditions requises pour assurer l’avenir de notre pays ». Pour lui, il importe d’empêcher des États autoritaires de parvenir à imposer leurs conceptions politiques dans le monde. « Cela s’applique, bien sûr, tout spécialement à la Russie et à sa dangereuse stratégie qui fait actuellement souffrir tant de monde, en Ukraine comme partout ailleurs. »

Le conseil des ministres dans le jardin du château de Meseberg, la résidence des hôtes du gouvernement fédéral

Le conseil des ministres réuni au château de Meseberg, la résidence des hôtes du gouvernement fédéral

Foto: Bundesregierung/Denzel

Vers une stratégie de sécurité nationale

Pendant ce séminaire, le gouvernement fédéral s’est également penché sur la stratégie de sécurité nationale qu’il se propose d’élaborer d’ici la fin de l’année, projet qui acquiert un nouveau caractère d’urgence en raison de l’agression russe en Ukraine.

Olaf Scholz a fait remarquer que la protection et la sécurité de son pays et de ses compatriotes constituaient toujours la mission suprême pour chaque gouvernement. Cependant, a-t-il relevé, « garantir la sécurité, cela implique bien davantage, c’est aussi par exemple un approvisionnement sûr en énergie et en matières premières, la sauvegarde de notre économie sociale de marché performante, des secteurs forts d’éducation et de recherche, une démocratie plurielle et vivante ». C’est pourquoi, expliquait encore le chancelier, le gouvernement fédéral travaille à une approche intégrée pour une politique de sécurité allemande tenant compte de tous les aspects.

En quoi consiste la stratégie de sécurité nationale ?
Le gouvernement fédéral entend présenter pour la première fois une Stratégie de sécurité nationale globale en remplacement de son Livre blanc de 2016. La sécurité de l’Allemagne reposant sur une Alliance nord-atlantique forte et sur une Union européenne unie, la stratégie intègre des réflexions de l’OTAN et de l’UE.

Le premier ministre espagnol invité au séminaire

À Meseberg, le conseil des ministres s’est également entretenu de ce sujet avec le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, invité mardi au séminaire, l’Espagne s’engageant activement pour mettre en place sa propre stratégie en matière de sécurité. M. Sánchez a fait part de ses expériences mais également exprimé son point de vue sur les grands défis sécuritaires et sur le rôle de l’Allemagne dans le monde. Au cours de la conférence de presse tenue à l’issue de la réunion, le chancelier allemand a déclaré : « Nous avons eu un échange de qualité avec un ami et un échange avec le chef de gouvernement d’un pays avec lequel nous collaborons étroitement. » La sécurité militaire, a-t-il ajouté, n’est pas la seule à jouer un rôle dans ce contexte, la question étant aussi par exemple de savoir comment assurer notre indépendance sur le plan énergétique.

Focus sur l’approvisionnement énergétique

Les questions qui se posent actuellement en matière de sécurité énergétique pour l’Allemagne étaient donc également au cœur des discussions à Meseberg. Le chancelier a déclaré à ce sujet : « On pourra retenir ceci : nous avons rapidement pris conscience de la menace que peut constituer le fait que la Russie se serve de ses exportations d’énergies fossiles comme moyen de pression pour influer sur les décisions d’autres pays. » Le gouvernement fédéral a engagé tout ce qui permettra à l’Allemagne de bien passer l’hiver, a précisé Olaf Scholz. Dans ce contexte, il a évoqué la construction de nouveaux terminaux de gaz liquéfié le long du littoral du nord de l’Allemagne, les hauts niveaux de remplissage des stocks de gaz et la remise en service de centrales à charbon.

« En même temps, nous savons bien que l’approvisionnement énergétique n’est pas le seul problème, il y a aussi les prix », a constaté le chancelier. Il a poursuivi en disant qu’il allait donc falloir mettre au point un ensemble de mesures d’allègement précises et taillées sur mesure, afin d’aider la population et les entreprises à traverser sans peine cette période difficile. Ce travail sera achevé sous peu, a-t-il conclu.

Le ministre fédéral de l’Économie : « Nous avons des réponses »

Le ministre fédéral de l’Économie Robert Habeck a lui aussi rappelé que la préparation à l’approvisionnement énergétique en Allemagne avait débuté très tôt. « Et c’est parce que nous avons commencé si tôt que nous disposons de réponses et que nous avons pu réaliser des progrès nous permettant déjà d’aborder l’hiver bien préparés », a déclaré le ministre. Les réserves de gaz sont disponibles sur les marchés et diverses mesures ont été adoptées par ailleurs pour ne pas laisser les prix s’envoler hors de tout contrôle, a-t-il relevé.

Le ministre fédéral des Finances : « Un programme d’allègement massif pour toute la société »

Le ministre fédéral des Finances Christian Lindner a déclaré pour sa part que si la gestion de la crise actuelle avait été au cœur du séminaire, une attention égale avait été accordée à la préparation de l’avenir. À son avis, face à la hausse des prix de l’énergie, « un programme d’allègement massif pour toute la société » est nécessaire. En même temps, il juge important de s’attaquer à la racine des problèmes : pour diminuer les incertitudes sur le marché de l’électricité, il faut « s’atteler à l’actuel pilote automatique réglé sur le rendement », a-t-il souligné.

Formation professionnelle et numérisation

À Meseberg, le gouvernement fédéral s’est en outre penché sur d’autres sujets qui demandent un certain temps pour pouvoir mener une discussion approfondie, la formation professionnelle par exemple. En effet, la pandémie de Covid-19 et la transformation numérique ont une forte incidence en particulier sur le marché de la formation. « Nous voulons donc tout mettre en œuvre pour permettre au plus grand nombre possible de jeunes d’opter pour ce type de formation professionnelle et leur donner la possibilité de trouver une place d’apprentissage qui leur convienne et formera le socle de leur vie future », a déclaré M. Scholz.

Au cours du séminaire de Meseberg, le gouvernement fédéral a également adopté sa stratégie numérique. Celle-ci doit permettre à l’Allemagne de développer réellement son potentiel dans ce domaine. Cette stratégie s’articule autour de trois volets 1) une société connectée et souveraine sur le plan numérique, 2) une économie innovante, le monde du travail, les sciences et la recherche, 3) l’État apprenant et numérique.