Se montrer unis face à la crise et en sortir renforcés

Déclaration vidéo  Se montrer unis face à la crise et en sortir renforcés

La chancelière fédérale Angela Merkel et le président de la République Emmanuel Macron ont lancé une initiative franco-allemande pour la relance européenne face à la crise du coronavirus. « Nous devons agir à l’échelle européenne afin de surmonter la crise et d’en sortir renforcés », a déclaré la chancelière.

Chancelière Angela Merkel

La Chancelière fédérale

Foto: Bundesregierung

Visioconférence de la Chancelière fédérale d’Allemagne et du Président de la République française

LA CHANCELIÈRE FÉDÉRALE : Mesdames, Messieurs, je suis très heureuse d’avoir pu non seulement m’entretenir aujourd’hui en visioconférence avec le président français Emmanuel Macron, ce qui est devenu une habitude en cette période de pandémie, mais aussi que nous puissions tenir cette conférence de presse de telle manière que vous puissiez nous poser des questions à tous les deux, aussi bien à Berlin qu’à Paris. Je vous salue donc depuis Berlin. 

Aujourd’hui, nous avons parlé de la contribution que la France et l’Allemagne peuvent apporter pour arriver à dépasser cette crise du coronavirus, la crise la plus grave qu’ait connue l’Union européenne depuis sa création, nous sommes bien d’accord. Face à une telle crise, il faut bien sûr trouver des réponses qui soient adaptées. 

La coopération entre nos deux pays et l’amitié franco-allemande nous demandent d’envoyer ce signal, tout en sachant que nous sommes 27. Mais si l’Allemagne et la France donnent une impulsion, c’est à mon avis quelque chose qui va permettre de favoriser et de soutenir une opinion commune en Europe. Nous devons agir. Nous devons agir à l’échelle européenne afin de surmonter la crise et d’en sortir renforcés. 

Les ministres des Finances ont d’ores et déjà adopté un vaste ensemble de garanties – que nous avons approuvé en tant que chefs d’État et de gouvernement – dans le cadre de la Banque européenne d’investissement, dans le cadre du Mécanisme européen de stabilité, ainsi qu’un dispositif d’aide au chômage partiel appelé SURE. C’est une première contribution très importante. Nous voulons la mettre en œuvre rapidement. 

Mais cela ne suffit pas. Nous l’avons déjà dit alors : nous avons besoin d’un Fonds de relance, d’un Recovery Fund. La France et l’Allemagne ont discuté très longuement pour savoir quelle forme il pourrait prendre.

Quel est l’objectif ? L’objectif est que l’Europe sorte de cette crise plus unie, plus solidaire. Nous savons que le virus a un impact différent dans nos pays, que ses répercussions économiques menacent donc la cohésion, la solidarité de l’Union européenne et que cette dernière ne fonctionne plus comme nous en aurions besoin. Le Fonds de relance doit donc contribuer à ce que tous les États en Europe puissent réagir en conséquence. Cela nécessite un effort colossal, unique, un effort que la France et l’Allemagne sont prêtes à fournir. 

L’Europe doit faire preuve de cohésion si elle veut parvenir à une reprise économique rapide. C’est pourquoi nous voulons mettre en place un fonds temporaire doté de 500 milliards d’euros en dépenses budgétaires de l’UE, un fonds qui fournira donc non pas des prêts mais des dotations budgétaires pour les secteurs et régions les plus touchés. Nous sommes convaincus que ces mesures sont justifiées, qu’il est nécessaire que l’UE mette maintenant de l’argent à disposition que nous pourrons utiliser ensuite progressivement par l’intermédiaire de plusieurs budgets européens. 

Tout cela doit bien entendu être en accord avec les traités européens et avec les règles budgétaires européennes, et engage évidemment aussi des parties de la planification budgétaire des États membres. Il est donc décisif qu’un tel Fonds de relance s’appuie sur une base juridique sûre et qu’il reflète également l’autonomie budgétaire des différents parlements nationaux. 

Cependant, nous créerons ce fonds de cette manière. C’est-à-dire que la Commission empruntera de l’argent pour que le Fonds de relance et les perspectives financières à moyen terme forment le budget général de l’Union européenne et fournissent pendant les premières années qui suivront la crise nettement plus de ressources budgétaires – c’est-à-dire ces 500 milliards d’euros – afin de soutenir, dans le cadre du budget, les pays et secteurs concernés.

Cet effort est indispensable, nous en sommes convaincus, et cela permettra de garantir la cohésion de l’Europe mieux que nous n’avons pu le faire jusqu’ici.

Par ailleurs, nous œuvrerons ensemble très étroitement pour garantir la viabilité de l’Union européenne. Ces ressources servent bien entendu aussi à ce que nous investissions dans la transformation numérique, dans le pacte vert, le « Green Deal », dans la gestion de la catastrophe climatique, nous permettant ainsi de lancer une nouvelle dynamique d’avenir. À l’avenir, comme le souligne l’initiative franco-allemande, nous coopérerons très étroitement dans le domaine de la santé et nous tirerons ensemble les leçons de cette crise.

Globalement, je suis très satisfaite que la France et l’Allemagne puissent lancer aujourd’hui une telle initiative. C’est nécessaire, je pense, pour que nous puissions apporter notre contribution à l’avenir de l’Union européenne. 

En outre, après cette pandémie, nous organiserons la Conférence sur l’avenir de l’Europe avec le Parlement européen et la Commission européenne autrement que nous en avions l’intention au départ. Car nous devons sérieusement parler des insuffisances actuelles de l’Europe et de ce que sera l’avenir de l’Union européenne. Cela pourra également entraîner des modifications des traités, demander une bien plus grande solidarité. Nous présentons aujourd’hui en quelque sorte la réponse à court terme à la crise. Les réponses à long terme devront faire l’objet de discussions. Car le développement de l’Europe doit se poursuivre. 


 

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