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Angela Merkel rencontre le Premier ministre français

Approfondir la coopération stratégique

L’Allemagne et la France veulent approfondir leur coopération dans les secteurs d’avenir tels que la production de puces électroniques ou la robotique. C’est ce qu’a déclaré, à Berlin, la chancelière lors de la première visite de M. Philippe. Les deux dirigeants ont parlé aussi des réformes en France et de la politique migratoire.

La chancelière a reçu Édouard Philippe à la Chancellerie fédérale pour sa première visite officielle en Allemagne. Outre les réformes entreprises en France, la politique migratoire et la coopération dans les secteurs d’avenir étaient au cœur des entretiens.

Encouragement aux réformes

La chancelière a souhaité « beaucoup d’énergie et de succès » pour la réforme du marché du travail entreprise par le nouveau gouvernement français et qui se trouve actuellement à un stade décisif. En Allemagne, on sait que « de telles réformes ne sont pas toujours faciles à réaliser », a affirmé Mme Merkel à l’issue des entretiens. Elle a néanmoins ajouté avoir bon espoir que les réformes produiront des résultats positifs pour les Français, même si ces résultats, par expérience, « n’apparaissent pas tout de suite, mais un peu plus tard ».

Lutter contre les causes de migration

Angela Merkel et Édouard Philippe ont également évoqué la question des migrants et des réfugiés. Comme il avait été dit dernièrement lors de la réunion à quatre à Paris, l’objectif est de combattre les causes de migration de façon à donner de l’espoir aux Africains, a expliqué la chancelière. Il faut démanteler les réseaux de passeurs et de trafiquants d’êtres humains, a-t-elle insisté, avant de souligner que l’accord conclu entre l’UE et la Turquie constituait de ce point de vue un bon exemple car il fonctionne dans le sens des réfugiés, de la Turquie, de l’Allemagne et de l’Europe.

Mettre davantage l’accent sur les questions stratégiques

La chancelière a dit être également d’accord avec le Premier ministre pour ce qui est de « mettre bien davantage l’accent, ensemble, sur les questions stratégiques ». À titre d’exemple, elle a évoqué la production de puces électroniques, l’intelligence artificielle en robotique ou la mutation dans l’industrie automobile. Mme Merkel est persuadée que « l’Allemagne et la France peuvent obtenir encore de bien meilleurs résultats ensemble », dans le but notamment de montrer qu’une coopération de fond dans les secteurs d’avenir représente un atout stratégique de l’Union européenne.

Les critères de la zone euro doivent être remplis

Un autre sujet de discussion a été la proposition du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, sur l’avenir de l’UE. Concernant ses déclarations sur la zone euro, la chancelière a déclaré avec insistance que l’objectif était que le plus grand nombre possible de pays deviennent membres de la zone euro. Mais, a-t-elle ajouté, il importe néanmoins que « les critères à remplir pour être membre soient respectés ».

« Quiconque remplit les conditions peut devenir membre à part entière de la zone euro », a réaffirmé la chancelière. Elle a rappelé qu’il s’agissait d’une Union économique et monétaire. Certes, il existe aujourd’hui une monnaie unique mais les politiques économiques restent très incohérentes. C’est pourquoi la coopération dans les questions de recherche, d’investissements stratégiques et de politique commerciale, dont elle a parlé avec le Premier ministre français, est importante à son avis.

Concrétiser les idées-clés

Il convient par ailleurs de réfléchir à l’évolution du Mécanisme européen de stabilité (MES) vers un fonds monétaire européen, et de renforcer ce mécanisme. La chancelière a également dit pouvoir « tout à fait s’imaginer » un ministre européen des Finances. Elle estime cependant important « de concrétiser les idées-clés telles que la création d’un gouvernement économique, l’instauration d’un ministre européen des Finances et la mise en place d’un budget de la zone euro ».

L’accueil de nouveaux États membres dans l’espace Schengen, comme l’avait proposé récemment le président de la Commission européenne, est, selon la chancelière fédérale « sensé ». La Bulgarie, par exemple, a une frontière extérieure avec la Turquie ; il est donc dans l’intérêt de l’Allemagne comme de l’Europe que la Bulgarie remplisse les conditions d’accueil. Comme pour l’euro, il est cependant vrai dans ce cas « que les critères d’adhésion doivent être remplis », a conclu Mme Merkel.

vendredi, 15 septembre 2017

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