La Fédération finance environ un quart du budget fédéral de 320 milliards d’euros, soit 80 milliards d’euros, en ayant recours à l’emprunt. Jamais auparavant l’Allemagne n’avait vu une telle progression de l’endettement.
« Dès maintenant, un euro sur dix doit servir à payer les intérêts », a fait remarquer la chancelière lors du débat sur le budget de l’année en cours. Les Allemands ont donc parfaitement raison de se demander comment l’État pourra à nouveau maîtriser cette dette.
Malgré tous les doutes, il est impossible aujourd’hui d’échapper à un nouvel endettement immense, a souligné Mme Merkel. Le seul impératif est de parvenir à gérer cette crise économique sans précédent pour ouvrir la voie à une nouvelle croissance. Ainsi, cette année, environ 45 % de cette somme ont été investis dans le domaine social, dans l’assurance vieillesse avant tout, et dans l’Office fédéral de l’emploi, où cet argent a servi plus particulièrement à continuer de financer le chômage partiel.
La chancelière a poursuivi en disant qu’il s’agissait actuellement de faire en sorte que les emplois survivent à la crise et que les coûts non salariaux sur l’emploi demeurent stables. Les investissements nécessaires sont « la cause profonde de ce budget ».
L’évolution de la situation ces derniers mois confirme à ses yeux la justesse de la décision qui a été prise. « Les aides ont été bien accueillies, ce qui a conduit à une plus grande stabilité », a-t-elle déclaré, satisfaite. Alors que nos partenaires européens affichent une hausse du chômage en partie massive, il n’a augmenté que de 2,4 % en Allemagne, a-t-elle précisé.
Une nouvelle façon de penser
Nul n’a jamais eu à gérer une crise comme celle-ci, a martelé la chancelière durant le débat général au Bundestag. Pour pouvoir gérer les défis liés à la gestion de cette crise, il faut « une nouvelle façon de penser », ainsi qu’une stratégie habile de sortie aux énormes plans de relance.
« Nous avons devant nous de difficiles mesures d’économies jusqu’en 2015 », a annoncé la chancelière. Il nous faut réduire le déficit de dix milliards d’euros chaque année . Ce que nous avons à faire est donc simple : créer du travail et des emplois. Le Conseil des ministres fédéral s’attellera à cette tâche, a-t-elle promis.
Plus grande flexibilité et salaires modérés
Concernant l’allocation de chômage de longue durée (« Hartz IV »), la chancelière s’est prononcée en faveur d’une nouvelle dynamique et de possibilités plus flexibles de travailler pour compléter les allocations : les incitations à reprendre un emploi sont « clairement le meilleur moyen de se sortir du chômage », a-t-elle constaté.
Mme Merkel a salué la modération salariale actuelle qu’elle juge propice à la reprise. Les retraités fournissent eux aussi une importante contribution, a-t-elle rappelé : « En effet, un gel des retraites n’est pas facile à digérer. »
C’est pourquoi elle exige également la solidarité d’un autre côté : « Si des dirigeants d’entreprises s’accordent des augmentations de salaires absurdes dans le contexte actuel, nous nous manifesterons », a-t-elle prévenu.
Discipline budgétaire des États membres, stabilité pour l’Europe
S’agissant de la reprise économique dans toute l’Europe, Mme Merkel a plaidé à nouveau pour des efforts accrus en faveur d’une stabilité économique durable. À propos de la crise en Grèce, elle a déclaré que celle-ci n’était pas le fait des spéculateurs, mais que ceux-ci l’avaient simplement renforcée. C’est plutôt le non-respect du Pacte européen de croissance et de stabilité pendant de longues années qui est à l’origine de la défiance massive des marchés financiers à l’égard de la Grèce et de l’euro.
À l’avenir, il faudra donc de nouveaux instruments pour pouvoir exclure de l’Eurogroupe un pays qui porte durablement atteinte au Pacte. La communauté de stabilité doit désormais jouir d’une plus haute priorité au sein de l’Union monétaire, a exigé la chancelière.
Par ailleurs, le développement économique en Europe ne doit pas suivre le rythme des partenaires les plus lents, a-t-elle constaté. Réduire les exportations comme la ministre française de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi le demandait récemment à l’Allemagne n’est en tout cas pas la bonne réponse aux défis économiques communs.
Le budget fédéral prévoit des dépenses à hauteur de 1,844 milliard d’euros pour la chancelière fédérale et la chancellerie fédérale.
Cet argent ne sert pas uniquement à couvrir les dépenses de la Chancellerie fédérale, mais aussi celles du délégué du gouvernement fédéral à la Culture et aux Médias, de la déléguée du gouvernement fédéral à la Migration, aux Réfugiés et à l’Intégration, et celles de l’Office de presse et d’information du gouvernement fédéral.
L’Office de presse et d’information du gouvernement fédéral dispose cette année d’un budget de 16 millions d’euros pour les relations publiques. Il a pour mission de tenir les citoyennes et citoyens informés de la politique du gouvernement fédéral. Brochures, annonces et une vaste plate-forme Internet y contribuent.