Même après le transfert de responsabilité aux forces de sécurité afghanes, c’est un signal important pour les islamistes fondamentalistes talibans que la communauté internationale garantisse que cette situation va se maintenir. "En cela réside une responsabilité à plus long terme pour l’Afghanistan", a insisté Mme Merkel.
Il s’agit, selon la chancelière, de maintenir le soutien à l’Afghanistan même après le retrait des forces de sécurité internationales, ce qui pourra également impliquer des engagements financiers.
Concernant la stratégie afghane du gouvernement fédéral, la chancelière allemande a parlé d’une nouvelle phase du "transfert responsable". L’Allemagne se rend à la conférence de Londres sur l’Afghanistan avec un train de mesures complet qui poursuit et développe l’approche de la sécurité en réseau. Les ressources consacrées à la reconstruction civile sont presque doublées. Quant au contingent de soldats allemands, le gouvernement fédéral entend le restructurer et l’augmenter.
Un retrait des forces internationales lié à la réussite du processus
Le président Karzaï a affirmé que son pays voulait prendre le plus vite possible la responsabilité d’assurer sa propre sécurité, sans pour autant indiquer de date pour le retrait des forces internationales. Il a déclaré cependant espérer y parvenir si possible à l’horizon 2014, à la fin de sa présidence. "L’Afghanistan aimerait vous soulager bientôt de ce poids", a-t-il souligné, au regard également de l’engagement de l’Allemagne en Afghanistan.
La chancelière s’est elle aussi exprimée à nouveau contre une date de retrait concrète. D’autre part, elle soutient l’objectif du président afghan de laisser en 2014 les forces de sécurité afghanes diriger elles-mêmes toutes les opérations. Mme Merkel et M. Karzaï ont également parlé à l’unisson, affirmant qu’il convenait d’avancer sur la voie d’un transfert de responsabilité pour la sécurité du pays en fonction de la réussite du processus et non d’après un calendrier.
S’agissant du raid aérien allemand du 4 septembre 2009 aux environs de Kunduz, qui avait également fait des victimes parmi les civils, le président Karzaï a salué la façon dont le gouvernement fédéral avait fait toute la lumière sur cette affaire. L’Allemagne, a-t-il dit, a vite réagi à ce « triste » incident et en ce sens, de manière plus responsable qu’aucun autre allié de l’Afghanistan ne l’avait fait par le passé.
Dans l’après-midi, Mme Merkel prononce une déclaration gouvernementale sur la politique afghane de l’Allemagne. Auparavant, le président Karzaï participe à une séance de la Commission des affaires étrangères du Bundestag.

