Une offensive de développement pour l’Afghanistan

mar., 26.01.2010
L’Allemagne se rend à la conférence de Londres sur l’Afghanistan avec un train de mesures complet qui poursuit et développe l’approche de la sécurité en réseau. Les ressources consacrées à la reconstruction civile seront presque doublées. Quant au contingent de soldats allemands, le gouvernement fédéral entend le restructurer et l’augmenter.
Il s’agit d’engager une nouvelle étape dans le transfert de responsabilité à l’Afghanistan, a expliqué la chancelière fédérale Angela Merkel à deux jours du début de la conférence internationale sur l’Afghanistan.
 
L’Allemagne souhaite voir la protection de la population afghane occuper une place encore plus essentielle. La reconstruction civile et la formation de forces de sécurité afghanes restent les priorités de l’engagement allemand. Ce dernier comprend une nouvelle approche associant la formation à la protection de la population, ce qui veut dire que les soldats allemands accompagneront encore plus fréquemment les patrouilles afghanes.
 
La conférence des ministres des Affaires étrangères sur l’avenir de l’Afghanistan devrait énoncer jeudi des objectifs contraignants pour les progrès devant être effectués dans les domaines du développement, de la gestion des affaires publiques et de la sécurité. À partir des objectifs et échéances fixés se concrétisera une nouvelle stratégie déterminant la façon dont le destin du pays pourra progressivement être mis entre les mains du peuple afghan. La conférence est le fruit d’une initiative commune de l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni. Le ministre fédéral des Affaires étrangères Guido Westerwelle y prend part pour l’Allemagne.
 
Angela Merkel s’est dite à nouveau convaincue qu’il ne pouvait pas y avoir de sécurité en Afghanistan sans passer par la reconstruction. La chancelière s’était concertée auparavant lundi avec ses ministres de la Défense, de l’Intérieur et du Développement sur la position de l’Allemagne en vue de la conférence de Londres.
 

Mettre en réseau reconstruction et sécurité

 
L’Allemagne entend continuer de concentrer sur le nord du pays son engagement déjà considérable à l’heure actuelle. Les moyens financiers investis dans la reconstruction civile devraient passer de 230 à 430 millions d’euros, a annoncé la chancelière. Le but de ce soutien financier est clair : une meilleure infrastructure pour le pays, des forces de sécurité compétentes et des enfants plus nombreux à l’école.
 
Les bataillons de formation et de protection ont pour mission d’aider les forces armées afghanes à former elles-mêmes leurs soldats d’ici fin 2011. Au lieu des 280 formateurs actuels, l’Allemagne veut envoyer jusqu’à 1 400 soldats à cet effet. Le contingent doit être augmenté de 500 soldats et le reste proviendra des restructurations. Vient s’y ajouter une réserve flexible de 350 intervenants qui assureront, par exemple, la sécurité des élections à l’automne prochain.
 
Cette formation pour les forces de sécurité afghanes doit être complétée par une meilleure formation de la police afghane. Pour ce faire, le nombre d’instructeurs de police passera de 123 à 200, ce qui permettra de former 5 000 policiers afghans par an, lesquels contribueront ensuite à la sécurité de leur pays.
 

Des perspectives pour les talibans repentis

 
Par ailleurs, le gouvernement fédéral a l’intention de soutenir le processus de réconciliation interafghan en collaboration avec le gouvernement du pays. Les talibans modérés qui se battent principalement pour des raisons économiques devraient ainsi pouvoir être ramenés dans la société, par exemple par le biais de la formation ou bien encore en les employant comme ouvriers du bâtiment ou travailleurs agricoles dans des projets d’infrastructure.
 
Une enveloppe de 350 millions d’euros est prévue pour ce programme de réintégration. Au cours des cinq prochaines années, l’Allemagne en fournira 50. Une conférence de suivi qui se tiendra à Kaboul se chargera de fixer les modalités avec le gouvernement afghan.
 

L’Afghanistan assurera lui-même sa sécurité d’ici 2014

 
Le président Karzaï s’est fixé comme objectif que son pays puisse assurer lui-même sa sécurité d’ici 2014, ce qui permettra le retrait des forces internationales de soutien. Mme Merkel a déclaré soutenir l’intention du président afghan, sans pour autant indiquer de date concrète de retrait.
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