"Croissance. Éducation. Cohésion. Donner à l’Allemagne une force nouvelle", tel est le titre de la déclaration.
La République fédérale d’Allemagne connaît la plus grande récession de son histoire. La chute de croissance est cinq fois plus forte que ne l’avait été la plus grande baisse au début des années soixante-dix. Des grandes banques restent tributaires du plan de sauvetage de l’État. "L’Allemagne doit faire face à une épreuve jamais vue depuis le rétablissement de l’unité allemande", a déclaré la chancelière.
Mme Merkel a mentionné les cinq points suivants pour son programme de gouvernement :
- surmonter les conséquences de la crise
- améliorer les relations entre les citoyens et l’État
- réagir intelligemment à la modification de la pyramide des âges
- réguler la gestion des ressources naturelles et trouver un cadre réglementaire mondial
- créer un rapport nouveau entre liberté et sécurité
General Motors doit supporter l’essentiel des coûts de la restructuration d’Opel
Mme Merkel a déploré le refus opposé par General Motors (GM) à l’investisseur Magna. Elle a exhorté le groupe américain à présenter rapidement un plan de restructuration crédible. Pendant des mois, GM n’a pas été "à la hauteur de ses responsabilités en tant que maison mère", a-t-elle constaté.
La chancelière attend maintenant de GM qu’il rembourse le prêt-relais débloqué par Berlin. Néanmoins, la Fédération et les Länder sont prêts en principe à examiner l’octroi d’aides. Les salariés d’Opel ont consenti de grands sacrifices et attendu de la part de GM qu’il se montre fiable. "Ils ont été profondément déçus", a déclaré Mme Merkel.
Une sortie de crise poussée par la croissance
Source: REGIERUNGonline / Bergmann
Pour le nouveau gouvernement fédéral, ce n’est pas une solution envisageable. Il souhaite au contraire créer rapidement un contexte propice à une plus forte croissance.
La veille déjà, le Conseil des ministres fédéral avait adopté une loi relative à l’accélération de la croissance devant permettre de réduire à partir du 1er janvier 2010 la charge des contribuables de 22 milliards d’euros au total.
"Le travail doit redevenir payant"
Le gouvernement fédéral prévoit pour 2011 une nouvelle impulsion importante à la croissance. Mme Merkel a annoncé des baisses d’impôts sur le revenu. "Nous mettrons également cette dynamique à profit pour lancer une révision structurelle et de longue durée du système fiscal", a-t-elle expliqué.
Le système fiscal doit être simple, bas et juste. C’est selon elle le seul moyen de regagner la confiance des citoyennes et citoyens dans l’État. Sur le plan fiscal, le traitement des enfants et des adultes devrait être le même. Le gouvernement a l’intention de réduire la charge fiscale supérieure à la moyenne qui pèse sur les revenus moyens.
Angela Merkel souhaite faciliter les emplois à caractère temporaire. En même temps, elle s’est insurgée contre les salaires immoraux, tout en refusant l’application de salaires minimum à l’échelle de l’Allemagne. Le principe de la cogestion d’entreprise et l’autonomie tarifaire ne seront pas modifiés.
Le gouvernement fédéral compte prolonger à nouveau le chômage partiel. C’est à cette prolongation uniquement que l’on doit d’avoir jusqu’à présent un nombre de chômeurs relativement peu élevé en Allemagne, selon Mme Merkel.
Un défi: le changement démographique
L’Allemagne compte aujourd’hui déjà davantage de personnes âgées de plus de 65 ans que de jeunes de moins de 20 ans. D’ici à 2020, le nombre d’habitants diminuera au total de 3,5 millions, mais le nombre des plus de 65 ans continuera d’augmenter. Des répercussions sur les systèmes sociaux et de retraite sont inévitables.
La chancelière a exigé de renoncer à des "débats automatiques" sur le découplage des coûts de la sécurité sociale, de tels débats ne servant à rien. Concernant l’assurance-dépendance, la chancelière a annoncé un complément par capitalisation.
Un bouquet énergétique contre le changement climatique
La chancelière fédérale a insisté sur la nécessité de ne pas échouer le mois prochain lors de la conférence mondiale sur le climat qui se tiendra à Copenhague. C’est en effet au cours de la décennie à venir que se décidera s’il est possible de limiter les répercussions du changement climatique. "Un échec de la conférence sur le climat ramènerait la politique internationale sur le climat des années en arrière", a déclaré la chancelière.
Mme Merkel a exigé notamment de plus gros efforts de la part des États-Unis et de pays comme la Chine et l’Inde.
En Allemagne, le gouvernement fédéral mise dans le domaine de la protection du climat sur un bouquet énergétique, dont le nucléaire demeure pour une période transitoire un élément indispensable. C’est pourquoi le gouvernement veut rallonger la durée de vie des centrales nucléaires allemandes.

