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07.11.2012

Parlement européen

« L’Union européenne, c’est nous tous »

La chancelière fédérale Angela Merkel a plaidé mercredi, devant le Parlement européen, pour un renouveau de l’union économique et monétaire.

Pays :
Belgique
Ville :
Bruxelles

La chancelière fédérale Angela Merkel à la tribune, aux côtés du président du Parlement européen Martin Schulz (d.) La chancelière fédérale Angela Merkel : il faut redéployer les avantages de l’Europe Photo : Bundesregierung/Bergmann

Elle en a appelé aux États membres afin qu’ils cèdent à Bruxelles des compétences nationales et qu’ils envisagent la possibilité de modifier les traités.

Dans son discours, la chancelière fédérale a dit qu’il fallait procéder à une analyse critique des défauts de construction dans l’architecture de l’union économique et monétaire, pour y remédier ensuite. Selon elle, quatre éléments sont décisifs afin d’assurer que l’Europe sorte plus forte de la crise qu’elle traverse actuellement, et qu’une telle situation ne se reproduise plus :

Une union économique et monétaire renouvelée a besoin

  • de plus de politique financière commune,
  • de plus de politique fiscale commune,
  • de plus de politique économique commune,
  • de plus de légitimité et de contrôle démocratiques.

Elle a ajouté qu’elle pourrait parfaitement imaginer d’aller encore plus loin en conférant au niveau européen de véritables droits d’intervention dans les budgets nationaux lorsque les limites établies dans le pacte de stabilité et de croissance ne sont pas respectées.

Redéployer les avantages de l’Europe

Les réformes commencent à porter leurs fruits, a indiqué Mme Merkel. Malgré tout, il serait erroné, selon elle, de se reposer maintenant : « Au lieu de nous reposer, nous devons au contraire veiller pas à pas, à tous les niveaux de l’Union, à ce que les avantages de l’Europe puissent se redéployer : la liberté, la dynamique et la prospérité que l’Union européenne peut nous offrir à l’intérieur de ses frontières, ainsi que la capacité d’agir et l’autorité que l’Union européenne nous confère dans le reste du monde », a-t-elle déclaré.

Mme Merkel a appelé à la stabilisation dans la durée de l’union économique et monétaire : « Ce faisant, nous devons être ambitieux et exigeants et nous ne devons pas non plus craindre de modifier, si nécessaire, les fondamentaux légaux de l’union économique et monétaire. »

Elle a appelé encore une fois à soutenir solidairement des mesures de réforme concrètes à travers des incitations ciblées provenant d’un nouvel instrument financier de la zone euro.

L’euro est plus qu’une simple monnaie

La chancelière fédérale a affirmé une fois de plus que l’euro est bien plus qu’une simple monnaie. Elle est « le symbole de la réussite de l’unification de l’Europe dans la paix et la démocratie, le symbole d’une Europe fondée sur la liberté, la prospérité et le progrès ».

Elle a fait une promesse : « L’Allemagne mettra tout en œuvre pour que l’Union européenne puisse tenir à l’avenir également sa promesse de liberté et de prospérité. »

Le Parlement européen est notre partenaire

Angela Merkel a plaidé en faveur d’un renforcement du dialogue des parlements nationaux avec les députés du Parlement européen. Cela aiderait les parlements nationaux à s’acquitter encore mieux de leur mandat au service d’un avenir prospère de l’Union. Elle a lancé un appel à son auditoire : « Un renouvellement des bases de l’union économique et monétaire est pour le bénéfice des citoyennes et citoyens européens, que vous tous représentez ici dans ce parlement ! C’est pourquoi je compte sur votre soutien ! »

Pour parvenir à l’établissement d’un véritable échange entre le niveau européen et le niveau national, Angela Merkel a plaidé pour une nouvelle procédure échelonnée et différenciée dans le cadre de laquelle les États membres adopteraient, avec l’approbation de leurs parlements, des accords de réforme contraignants et applicables avec le niveau européen, par exemple la Commission européenne. 

Les parlements nationaux, de même que les gouvernements, exerceront une responsabilité accrue dans le processus d’intégration de l’Union.

« L’Europe, c’est nous tous ensemble, l’Europe, c’est la politique intérieure. Ensemble, nous pouvons créer une Europe de la stabilité, une Europe forte », a souligné la chancelière.

Le discours a été suivi d’une discussion avec les députés du Parlement européen.