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Déclaration de politique générale à l’occasion du sommet du G20

Ne pas en demander trop à l’Allemagne

La crise des dettes souveraines européennes sera un thème central du sommet du G20 à Los Cabos, au Mexique. C’est ce qu’annonce la chancelière fédérale Angela Merkel dans sa déclaration de politique générale devant le Bundestag.

La chancelière fédérale prononce une déclaration de politique générale à l’occasion du sommet du G20 Déclaration de politique générale d’Angela Merkel en amont du G20 Photo : Bundesregierung/Kugler

« Une fois de plus, tous les yeux seront rivés sur l’Allemagne », a-t-elle déclaré à quelques jours du G20 qui se tient les 18 et 19 juin. « L’Allemagne est forte, elle est le moteur de l’économie et le pôle de stabilité en Europe. Elle met d’ailleurs cette force et cette énergie au service du bien des populations, pas seulement en Allemagne, mais aussi au service de l’unification européenne et de l’économie mondiale. »

Les forces de l’Allemagne ne sont pas illimitées

La chancelière fédérale a souligné toutefois que les forces de l’Allemagne n’étaient pas illimitées. À son pays incombe la responsabilité particulière d’évaluer ses forces de manière crédible afin de pouvoir en user avec une pleine efficacité pour l’Allemagne et pour l’Europe, le seul moyen à son avis d’avancer pas à pas vers une union politique en Europe.

Angela Merkel estime que pour pouvoir sortir la zone euro de la crise, tous les pays doivent être en mesure de reconnaître les faits et d’évaluer avec réalisme leurs capacités.

Le renforcement de la croissance et la consolidation budgétaire doivent aller de pair, selon elle, ces deux piliers étant indispensables. Sortir de la crise est une tâche pénible, douloureuse et de longue haleine, mais inévitable.

La médiocrité ne doit pas devenir la règle

Mme Merkel estime que les solutions apparemment simples concernant la mutualisation de la dette ne sont pas faisables du point de vue constitutionnel et totalement contre-productives. « Elles reviendraient à ériger la médiocrité en norme en Europe », a-t-elle fait remarquer. « Nous renoncerions ainsi à notre ambition de maintenir notre prospérité au sein de la compétition mondiale. »

Le pacte budgétaire revêt une grande importance car il représente un premier pas sur la voie d’une communautarisation accrue associée à un contrôle renforcé à l’échelon européen. « Responsabilités et contrôles vont de pair. Tout autre débat ne règle qu’en apparence nos problèmes », a déclaré la chef du gouvernement allemand.

Tous les États sont tenus d’agir

Angela Merkel a insisté par ailleurs sur le fait que la zone euro ne pouvait à elle seule créer les conditions préalables à une croissance mondiale. Les partenaires du G20 doivent résister à la tentation de relancer la croissance en s’endettant davantage. Il est prévu d’adopter un plan d’action à Los Cabos.

Dans ce contexte, la consolidation des budgets publics est un élément essentiel et indispensable. Tous les pays doivent combler leurs lacunes spécifiques. « L’Allemagne s’est engagée sans équivoque en faveur d’une réduction de la dette et d’une économie durable », a précisé la chancelière.

La croissance durable en tête de l’ordre du jour

L’état de l’économie mondiale, la politique de développement, le commerce et l’emploi ainsi que les marchés financiers internationaux figurent à l’ordre du jour du sommet.

Le thème de la croissance durable et verte (Green Growth) constitue la priorité de l’hôte mexicain du sommet, a déclaré Mme Merkel. Il faut trouver des moyens de favoriser parallèlement la croissance économique et la protection du climat et de l’environnement à l’échelle mondiale.

« Il convient de tenir compte au même titre des aspects économiques, écologiques et sociaux », a constaté Angela Merkel. Ce qui signifie concrètement lutter contre la faim dans le monde, préserver la diversité biologique et faire face au changement climatique.

Le modèle allemand fait école

Concernant l’emploi, le G20 se penchera en particulier sur le problème mondial du chômage des jeunes. De nombreuses propositions visant à promouvoir l’emploi des jeunes feront l’objet de discussions. Dans ce domaine, Mme Merkel s’est montrée persuadée que l’Allemagne a acquis une précieuse expérience dans le système de formation professionnelle en alternance qu’elle pourra mettre et mettra très volontiers à la disposition des autres.

Le commerce international comme donneur d’impulsions

S’agissant du libre-échange, la chancelière a défini en termes très clairs la position allemande. « Le libre-échange est trop souvent un vain mot. » Le G20 ne prend pas toujours suffisamment au sérieux ses engagements concernant les mesures faisant obstacle au commerce. « Le protectionnisme empêche la croissance. » Concrètement, il s’agira à Los Cabos de prolonger, au-delà de 2013, le moratoire en vigueur visant à restreindre le protectionnisme.

Davantage d’influence pour les pays émergents

Concernant le renforcement des institutions internationales, le G20 se consacrera également à la mise en œuvre de la réforme des quotes-parts adoptée par le FMI (Fonds monétaire international) en 2010 qui, en raison du changement de contexte économique, attribue davantage d’influence aux pays émergents. L’Allemagne a déjà appliqué cette réforme en droit national.

Le Groupe des Vingt (G20) est, depuis 2009, le forum central de la coopération économique internationale. Au cours de ses sommets, les principaux pays industrialisés et émergents s’accordent sur les mesures à prendre en matière de politique économique et financière. Après le sommet de Los Cabos au Mexique, ce sera au tour de la Russie, en 2013, et de l’Australie, en 2014, d’accueillir le G20.