18.06.2012
Sommet au Mexique
L’Europe au cœur du G20
Nous sommes décidés à résoudre la crise. L’Union européenne a présenté des arguments très cohérents et communs. Tels sont les propos tenus par la chancelière fédérale Angela Merkel lors du G20. La croissance économique et le commerce international figuraient également à l’ordre du jour du sommet de Los Cabos.
- Démarrage
- 18.06.2012
- Fin :
- 19.06.2012
- Pays :
- Mexiko
- Ville :
- Los Cabos
Angela Merkel et Barack Obama au G20 de Los Cabos
Photo : Bundesregierung/Denzel
Un mélange « d’assainissement budgétaire, d’initiatives de croissance et d’approfondissement de la coopération européenne » était au centre des débats portant sur la recherche de solutions à la crise des dettes souveraines, a souligné Mme Merkel. Le Conseil européen des 28 et 29 juin fixera les détails à ce sujet.
Renforcement du Fonds monétaire international
La chancelière fédérale s’est félicitée de l’esprit de camaraderie dans lequel se sont déroulées les discussions internationales. De très nombreux partenaires ont pris des engagements visant à renforcer le Fonds monétaire international (FMI) « dépassant ainsi encore une fois nos attentes concernant l’augmentation des ressources du FMI », a-t-elle fait remarquer. De tels engagements ont été pris par l’Afrique du Sud, le Brésil et de nombreux pays émergents jusqu’à la Chine et le Japon. « C’est vraiment un effort à l’échelle mondiale qui a été fourni », selon Mme Merkel.
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À Los Cabos, la chef du gouvernement allemand a également pris note de l’arrêt de la Cour constitutionnelle fédérale qui accorde au Bundestag le droit d’être informé sur le pacte de stabilité européen : « Concernant l’arrêt rendu par la Cour constitutionnelle fédérale, nous le mettrons en œuvre et nous disposons maintenant de critères clairement définis pour procéder à cette mise en œuvre. » Dans ce contexte, la chancelière fédérale a réaffirmé exiger « plus d’Europe ». « Nous avons parlé d’une institution européenne qui pourrait représenter une supervision bancaire », a-t-elle expliqué. Lors du sommet, il a également été question de multiplier les mesures en faveur de la croissance et d’adopter des directives s’appliquant, selon les mêmes règles, à la garantie des dépôts et à la restructuration des banques.
Évaluation réaliste des forces
Avant le G20, Mme Merkel avait insisté sur le fait que les forces de l’Allemagne n’étaient pas illimitées. Elle avait estimé que pour pouvoir sortir la zone euro de la crise, tous les pays devaient évaluer avec réalisme leurs capacités. Au Mexique, la chancelière allemande a confirmé la position du gouvernement fédéral, à savoir que le renforcement de la croissance et l’assainissement budgétaire doivent aller de pair, ces deux piliers étant indispensables.
Le Groupe des Vingt (G20) est, depuis 2009, le forum central de la coopération économique internationale. Au cours de ses sommets, les principaux pays industrialisés et émergents s’accordent sur les mesures à prendre en matière de politique économique et financière. Après le sommet de Los Cabos, au Mexique, ce sera au tour de la Russie, en 2013, et de l’Australie, en 2014, d’accueillir le G20.
La croissance ne doit pas se faire au moyen de nouvelles dettes
De même, Mme Merkel avait déclaré avant le sommet que la zone euro ne pouvait à elle seule créer les conditions préalables à une croissance mondiale et que les partenaires du G20 devaient résister à la tentation de relancer la croissance en s’endettant davantage.
À cet égard, un plan d’action a été adopté à Los Cabos. La chancelière fédérale avait également rappelé avant l’ouverture du G20 que l’assainissement des budgets publics était un élément essentiel et indispensable et que « l’Allemagne s’est engagée sans équivoque en faveur d’une réduction de la dette et d’une économie durable ».
Pour une protection mondiale du climat et de l’environnement
À l’ordre du jour du G20 figuraient aussi la politique de développement, le commerce et l’emploi, ainsi que les marchés financiers internationaux. Le thème de la croissance durable et verte était une priorité de l’hôte mexicain. L’enjeu consiste à trouver des moyens de combiner, à l’échelle mondiale, croissance économique et protection du climat et de l’environnement.
Le modèle allemand, un exemple à suivre
Concernant l’emploi, les chefs d’État et de gouvernement réunis au Mexique se sont penchés en particulier sur le problème mondial du chômage des jeunes. Les fonds investis dans la croissance doivent l’être de façon à produire des effets, selon Mme Merkel. « Car le but, en fin de compte, est de lutter contre le chômage des jeunes. La croissance en tant que telle est importante, certes, mais la toute première raison, la raison essentielle pour laquelle nous faisons ce travail, c’est toujours l’homme ».
Déjà avant le sommet, Mme Merkel se montrait persuadée que pour lutter contre le chômage des jeunes, l’Allemagne disposait d’une précieuse expérience, grâce à son système de formation professionnelle en alternance, qu’elle mettait très volontiers à la disposition des autres pays.
S’agissant du libre-échange, la chancelière avait défini en termes très clairs la position allemande : « Trop souvent, le libre-échange n’est qu’un vain mot. » Selon elle, le G20 ne prend pas toujours suffisamment au sérieux ses engagements concernant les mesures entravant le commerce. Or, « le protectionnisme empêche la croissance ».
Renforcer les pays émergents
Dans la perspective du renforcement des institutions internationales, le G20 s’est consacré par ailleurs à la mise en œuvre de la réforme des quotes-parts adoptée par le FMI en 2010. En raison du changement de contexte économique, celle-ci prévoit d’accorder davantage d’influence aux pays émergents au sein du FMI. L’Allemagne a déjà appliqué cette réforme en droit national, a précisé Mme Merkel.
