Déclaration de politique générale sur les sommets de l’OTAN et du G8
Réduction de la dette, croissance et valeurs communes
La gestion de la crise en Europe repose sur la réduction de la dette et la croissance. C’est ce que réaffirme la chancelière fédérale Angela Merkel dans sa déclaration de politique générale en amont du sommet du G8.
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Déclaration de politique générale de la chancelière fédérale
Photo : Bundesregierung/Schacht
Avant le sommet de l’OTAN, elle a dressé le bilan de l’engagement de l’Allemagne et de ses partenaires en Afghanistan.
Le développement de l’économie mondiale, et notamment la situation dans la zone euro, sont au cœur du sommet des Huit. Mais les chefs d’État et de gouvernement se proposent de discuter également de la lutte contre le changement climatique ainsi que de la sécurité alimentaire en Afrique. Le G8 se tient les 18 et 19 mai à Camp David, aux États-Unis.
La chancelière fédérale et ses collègues européens y feront le point des efforts de réforme entrepris pour surmonter la crise de l’euro.
Selon Mme Merkel, la stratégie des pays de la zone euro s’appuie sur deux piliers : la réduction de la dette et la croissance. Par conséquent, l’Union européenne ne se mobilise pas uniquement en faveur de la consolidation budgétaire qui est le préalable à une croissance stable. Des mesures ciblées pour stimuler la croissance et l’emploi sont également essentielles. Angela Merkel proclamera elle-même à Camp David son attachement au libre-échange.
« La croissance par des réformes structurelles, c’est judicieux, important et nécessaire. La croissance à crédit, cela nous ramènerait au début de la crise. C’est pourquoi nous n’avons pas le droit de le faire et nous ne le ferons pas », a déclaré la chancelière.
Pour un accord contraignant en matière de protection du climat
Les thèmes de la lutte contre le changement climatique et de l’approvisionnement en énergie seront eux aussi abordés au cours du sommet. À cet égard, le gouvernement fédéral insiste sur la nécessité d’adopter un nouvel accord contraignant sur la protection du climat dans le cadre des Nations Unies.
Aide à l’autopromotion en Afrique
« Réduire la dette publique, renforcer la compétitivité, stimuler la croissance et créer des emplois, lutter contre la faim dans le monde et protéger le climat – tous ces thèmes montrent ce que signifie la mondialisation au XXIe siècle », a fait remarquer Mme Merkel, ajoutant qu’aucun pays de la planète ne pouvait à lui seul faire face avec succès aux grands défis de notre temps.
Le partenariat avec l’Afrique est une tradition au sein du G8. Cette année, il sera question plus particulièrement de l’engagement financier du G8 dans la perspective de la sécurité alimentaire. Les États-Unis projettent de conclure une « nouvelle alliance » avec six pays de l’Afrique subsaharienne. « Notre engagement ne doit en aucun cas faiblir et il ne faiblira pas », a promis la chancelière à propos du continent africain. Il est notamment prévu d’améliorer les conditions d’aide à l’autopromotion par des investissements privés.
Le Groupe des Huit (G8) est un forum informel des chefs d’État et de gouvernement de huit pays industrialisés. Ce n’est pas une organisation internationale et il ne possède ni son propre appareil administratif ni une représentation permanente de ses États membres. Compte tenu de ces structures informelles, la présidence tournante du G8 joue un rôle très important. En effet, c’est elle qui décide de l’organisation et de l’ordre du jour du sommet. En 2012, les États-Unis exercent la présidence. Font partie du G8 l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie, le Japon, les États-Unis, le Canada (depuis 1976) et la Russie (depuis 1998). Par ailleurs, l’Union européenne est représentée à chacune des réunions.
Sommet de l’OTAN à Chicago
À l’issue du sommet du G8, Angela Merkel se rendra à Chicago où elle participera, les 20 et 21 mai, au sommet de l’OTAN. Ce sommet portera essentiellement sur l’engagement en Afghanistan, les capacités militaires et les partenariats de l’Alliance.
Bilan de l’engagement en Afghanistan
« Nous sommes entrés ensemble, nous sortirons ensemble ! ». Angela Merkel a confirmé en ces termes le plan de retrait commun des forces internationales de l’Afghanistan d’ici fin 2014. C’est ce qui avait été convenu lors du sommet de Lisbonne en 2010. « Les talibans sont affaiblis, le nombre des attentats est en recul », a constaté la chancelière. Les effectifs des forces de sécurité afghanes atteindront d’ici la fin de l’année 352 000 soldats et policiers. Leur qualité s’est nettement améliorée, estime la chancelière. La réaction aux derniers attentats à Kaboul l’a clairement démontré.
Le processus de transfert de responsabilité en matière de sécurité de l’OTAN à l’Afghanistan, qui doit s’achever fin 2014, avance. À peu près la moitié de la population afghane vit déjà dans des régions placées sous direction afghane, a fait remarquer Mme Merkel. Au lieu de diriger les opérations, la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS, en anglais ISAF) a de plus en plus pour rôle de soutenir les Afghans.
Après 2015, la priorité sera accordée à la formation et à l’assistance-conseil des forces de sécurité afghanes. L’Allemagne est également prête à fournir une aide financière, a déclaré la chancelière. Il avait été décidé lors de la Conférence de Bonn en novembre 2011 que la communauté internationale soutiendrait à long terme l’Afghanistan. En contrepartie, cette dernière attend des efforts de la part des Afghans, par exemple une meilleure gestion des affaires publiques et la lutte contre la corruption.
Un grand merci
La chancelière fédérale a remercié chaleureusement tous les soldats, policiers et secours civils qui, dans des circonstances difficiles, et souvent au péril de leur vie, ont fourni une précieuse contribution à la stabilisation et au développement du pays.
Le sommet de l’OTAN commence le 20 mai dans l’après-midi par une réunion du Conseil de l’Atlantique Nord. Les 28 chefs d’État et de gouvernement qui en font partie évoqueront les possibilités d’assurer à l’avenir la sécurité à une époque où les moyens financiers sont limités. Le soir, les discussions porteront sur l’engagement de l’Alliance en Afghanistan après 2014. Mais l’avenir de l’Alliance sera également abordé sous le titre « L’OTAN en 2020 ». Le deuxième jour du sommet commencera par une réunion des fournisseurs de troupes en Afghanistan. 57 pays ainsi que l’Union européenne, les Nations Unies et la Banque mondiale y participeront. Pour finir, une réunion est prévue avec 13 partenaires sélectionnés afin de discuter des défis communs en matière de sécurité.
La défense antimissile n’est pas dirigée contre la Russie
À l’occasion du sommet de Chicago, l’Alliance veut déclarer la première phase de son système de défense antimissile opérationnelle. Le bouclier doit être déployé progressivement jusqu’en 2020. Dans la phase finale, il devrait permettre de protéger l’ensemble du territoire de l’OTAN contre les missiles balistiques. L’Allemagne, a déclaré Mme Merkel, a offert la participation du système mobile Patriot de la Bundeswehr.
