L'enjeu: deux degrés Celsius

ven., 10.07.2009
La chancelière fédérale Angela Merkel juste avant la conférence de presse finale
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Source: REGIERUNGonline/Kugler
G8 2009: sur la voie d'un plus grand avenir commun
Le réchauffement de la planète ne doit pas dépasser les 2°C d'ici 2050. Tel est le signal fort de ce sommet du G8. Les chefs d'État et de gouvernement ont ainsi fixé le cadre d'un nouvel accord mondial de protection du climat à la fin de l'année. Mais les pays se sont aussi étroitement concertés sur la gestion de la crise économique et financière internationale.
Dès le premier jour du sommet de L'Aquila, en Italie, les grands pays industrialisés réunis dans le cadre du G8 s'étaient entendus sur cet objectif des 2°C. Cet accord a servi de fil rouge durant tout le sommet.
 
Certes, d'ici le sommet mondial sur le climat en décembre, "nous avons encore un énorme travail à faire si nous voulons pouvoir conclure un accord qui puisse succéder au protocole de Kyoto", a déclaré Mme Merkel, mais elle s'est dite tout aussi convaincue qu'après ce résultat intermédiaire sur la voie de Copenhague, d'autres pas suivront.
 
Les pays du G8 doivent notamment fixer d'ici décembre des objectifs à moyen terme pour leur protection du climat. Il s'agit de déterminer le niveau de réduction de leurs émissions de polluants, par exemple d'ici 2025. Mme Merkel est certaine que des objectifs à moyen terme dans le domaine de la protection du climat seront également fixés avant Copenhague.
 
Ces objectifs à moyen terme sont particulièrement importants pour les pays émergents et en développement. Car ils ne décideront de réduire leurs émissions de 50 % que lorsque les pays industrialisés auront pris leurs engagements.

 

80 % d'émissions en moins d'ici 2050

 
Les pays industrialisés du G8 doivent, eux, faire face au grand défi de réduire d'au moins 80 % leurs émissions d'ici 2050. Cet objectif ambitieux est extrêmement important si l'on veut respecter la limite de 2°C. Mais même si les pays industrialisés réduisent leurs émissions de 100 %, il est impossible d'atteindre l'objectif des 2°C avec le niveau d'émissions actuel. Il faut pour cela que les pays émergents prennent eux aussi des engagements dans ce sens. Mme Merkel a souligné que ces pays s'étaient pour la première fois déclarés prêts à modifier leur production industrielle dans le souci de protéger le climat.
 
Sont considérés comme pays émergents en voie d'industrialisation les pays suivants: Chine, Mexique, Inde, Afrique du Sud et Brésil. On parle aussi du groupe des 5 (G5).
 
La chancelière allemande considère comme un grand succès de ce sommet le fait que ces pays ainsi que l'Indonésie, la Corée du Sud et l'Australie aient approuvé l'objectif de 2°C. Les 16 plus grandes économies mondiales se sont ainsi exprimées en faveur d'un objectif commun de protection du climat à long terme. Cela ne s'était jamais vu.
 
Informations sur le G20
 

Les pays industrialisés responsables de la crise

 
La crise actuelle est apparue dans les pays industrialisés développés. "C'est pourquoi il appartient en priorité à ces pays de prendre les mesures nécessaires afin d'empêcher qu'une telle crise ne se reproduise", a insisté Mme Merkel. 
 
Il s'agit maintenant d'élaborer une nouvelle architecture des marchés financiers internationaux. "De ce point de vue, L'Aquila est une étape intermédiaire sur la voie du prochain sommet financier à Pittsburgh." Le G20 y rendra compte dans le détail des résultats obtenus depuis le sommet de Londres qui s'est tenu au printemps dernier.
 
De nombreux pays pauvres ressentent les répercussions de la crise de façon nettement plus forte. En Afrique subsaharienne, 100 millions de personnes de plus vont devoir vivre dans la pauvreté à cause de la crise. "Notre responsabilité est d'autant plus grande maintenant", a déclaré Mme Merkel. L'Allemagne assume cette responsabilité. "Les fonds que nous versons au titre de l'aide au développement ne seront pas réduits."
 

Retour à une gestion économique durable

 
Les pays du G8 ont également précisé à L'Aquila que les pays devaient élaborer des stratégies de sortie de crise. Cela permettra de prendre la relève des plans de relance nationaux adoptés pour surmonter la crise.
 
Après la crise, tous les pays devraient revenir à une gestion budgétaire durable. Tous les chefs d'État et de gouvernement en étaient bien conscients. D'un autre côté, tous voyaient bien que la crise économique et financière est loin d'être finie.
 
L'idée d'une charte des Nations Unies pour une gestion économique durable émise par la chancelière a été très bien accueillie. Les pays veulent continuer de travailler sur ce projet d'ici Pittsburgh.
 

L'Iran doit revenir au dialogue

 
Sur le plan de la politique étrangère, le G8 a démontré qu'il s'engageait pour le respect du traité de non-prolifération des armes nucléaires. Il y aura des initiatives de prises dans ce sens l'année prochaine, par exemple l'invitation, de la part des États-Unis d'Amérique, à une conférence sur la non-prolifération en 2010.
 
Le G8 a critiqué ouvertement l'Iran en ce qui concerne le respect des libertés individuelles, comme le droit de manifester. "Nous avons demandé encore une fois à Téhéran de mettre un terme à son programme nucléaire et d'engager des négociations avec la communauté internationale", a précisé Mme Merkel. Il en est de même pour la Corée du Nord.
 

La politique mondiale au service de l'avenir avec les pays émergents

 
Selon Mme Merkel, ce sommet a également mis en évidence que le processus engagé à Heiligendamm va dans la bonne direction. Les chefs d'État et de gouvernement avaient alors convenu de coopérer plus étroitement avec les pays émergents. C'est pourquoi, à L'Aquila, de nombreuses déclarations ont été adoptées pour la première fois en format G8 + G5, c'est-à-dire avec le Mexique, la Chine, l'Afrique du Sud, le Brésil et l'Inde. "C'est la première fois que nous avons une déclaration finale commune", a déclaré la chancelière.
 
Angela Merkel et le président russe Dmitri MedvedevSource: REGIERUNGonline/Kugler Agrandissement Le monde se rapprocheUne chose est certaine: le format du G8 ne suffit plus à résoudre les problèmes à l'échelle planétaire. Mme Merkel, confiante, a déclaré à ce sujet: "Je m'attends à ce que des décisions sur un nouveau format soient prises au cours de l'année prochaine."
 
Selon elle, le G20 est le format de l'avenir. Mais, a-t-elle ajouté, il y a des thèmes sur lesquels le groupe du G8 doit tout d'abord se faire une opinion.
 

"Le monde s'est un peu rapproché"

 
Angela Merkel a résumé en ces termes: "Toute la palette des problèmes mondiaux a été abordée durant ces journées importantes et très intenses." De nombreux dossiers seront poursuivis lors des prochaines conférences. "Mais l'on peut dire, je pense, que le monde s'est un peu rapproché, y compris dans la manière dont les acteurs politiques travaillent ensemble."
 
À ses yeux, le sommet s'est déroulé dans un esprit de respect et d'amitié, et il a été marqué de la volonté inconditionnelle de résoudre ensemble les problèmes. "Parce que nous savons tous qu'aucun pays au monde ne peut résoudre à lui seul ses problèmes. Nous sommes tous tributaires d'une action collective."
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