La crise financière et la crise économique mondiale qui lui succède sont d'une complexité sans précédent, a déclaré l'ex-premier ministre britannique Tony Blair en ouverture du colloque. Elles sont si complexes qu'elles posent problème même à des experts confirmés.
Selon Mme Merkel, la crise des marchés financiers et "ses incroyables ondes de choc" sont l'expression d'un manque de coordination de la mondialisation. Aux quatre coins du monde, les pays n'y étaient pas suffisamment préparés.
Penser et agir autrement ensemble
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Mais la crise du capitalisme financier n'est pas la crise du capitalisme, a affirmé le président Nicolas Sarkozy, hôte du colloque. Il ne faut pas rompre avec le capitalisme; il faut le refonder. M. Sarkozy veut enraciner la morale et l'éthique plus fortement dans le système capitaliste.
Économie sociale de marché à l'échelle planétaire
En plus d'une architecture financière concertée à l'échelon mondial, la chancelière allemande a proposé des règles internationales pour une gouvernance économique commune, dont la mise en place et la surveillance pourraient, par exemple, être effectuées sous la direction d'un Fonds monétaire international réorganisé.
Il serait également concevable de créer un Conseil économique plus influent auprès des Nations Unies qui travaillerait, tel le Conseil de sécurité, selon des règles contraignantes: "Nous avons une Charte des droits de l'homme, de même nous avons besoin d'une charte pour une gestion économique internationale à long terme", a déclaré Mme Merkel. L'objectif de cette charte serait clair: "Une économie sociale de marché d'envergure mondiale, voilà ce pour quoi nous nous battons."
La chancelière fédérale a concédé que, pour de nombreux pays, confier sa destinée à une organisation internationale constituait "un pas de géant". Avec le processus d'unification européenne, les Européens sont cependant bien préparés selon elle. De plus, ce processus ne symbolise pas uniquement la croissance et la prospérité, mais aussi justement la paix et le bon voisinage.
Le prochain sommet des grands pays industrialisés et émergents ("G20") a été fixé pour début avril à Londres. Mme Merkel considère que l'Europe devra de nouveau jouer un rôle fort lors du deuxième sommet mondial sur la finance. Les chefs de gouvernement des pays de la zone euro se réuniront auparavant à Berlin pour s'accorder sur une position commune.
Soutien à Renault, VW et d'autres
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Il convient tout spécialement d'aider les entreprises à conserver leurs spécialistes pour la période qui suivra la crise, a conclu la chancelière. Les deux pays entendent se servir des crédits et du chômage partiel pour aider les entreprises à sortir de la crise.
Profiter de l'opportunité offerte par la crise
Mme Merkel et M. Sarkozy voient également dans la crise actuelle des opportunités. Si l'on parvient maintenant à doter les entreprises européennes de technologies aptes à affronter l'avenir, elles pourraient sortir renforcées du fléchissement actuel de la conjoncture, c'est ce qu'ils souhaitent tous deux.
Cela vaut en particulier pour l'industrie automobile: "C'est chez nous que la voiture a été inventée, et c'est nous qui construirons la voiture du XXIe siècle", a déclaré d'un ton convaincu la chancelière. Le développement des technologies moteur décidera qui réussira à l'avenir dans cette branche.
Pas à pas contre la crise
En adoptant un deuxième plan de relance, l'Allemagne veut faire en sorte que l'économie allemande surmonte la crise sans trop de dégâts, a expliqué Mme Merkel à son homologue français. Après les mesures sectorielles du premier plan de relance de novembre 2008, on passe maintenant aux "réponses systémiques": des indemnités de chômage partiel aux allègements fiscaux pour les particuliers en passant par les investissements de l'État.
"Et ce n'est pas fini", a bien précisé la chancelière avant d'ajouter: "Nous ne parviendrons pas à parer la crise en une seule fois, il nous faudra faire en permanence de nouveaux pas" en fonction de l'évolution des marchés.

