Dans son discours prononcé à l'occasion des festivités du 60e anniversaire de l'économie sociale de marché, Mme Merkel a annoncé ce voyage qui l'emmènera "à travers la République éducative d'Allemagne, de l'école maternelle à l'université du troisième âge, en passant par l'école professionnelle et les initiatives privées, dans le cadre de discussions avec des experts et des citoyens."
Ce voyage débouchera ensuite sur un sommet national de l'éducation, que la chancelière fédérale conduira aux côtés des Länder au mois d'octobre de cette année. "Car les habitants de ce pays ne s'intéressent pas à la répartition des pouvoirs", a-t-elle déclaré. Ils attendent que les responsabilités soient assumées.
Le défi de la mondialisation
Mme Merkel a rendu hommage au "grand concepteur Ludwig Erhard", qui a élaboré l'économie sociale de marché. En 1948, le pays était en ruines et les Allemands étaient méprisés du fait de la terreur nazie. La division de l'Allemagne était imminente. L'économie était détruite, l'argent n'avait plus aucune valeur.
Face à cette situation, les Alliés ne voulaient à vrai dire qu'une nouvelle monnaie. Mais Ludwig Erhard était persuadé qu'une réforme monétaire ne pouvait réussir qu'accompagnée d'une réforme économique. Presque personne ne partageait son opinion, mais il s'entêta. Le résultat fut l'économie sociale de marché. Le miracle économique et la "prospérité pour tous" eurent une importante influence pendant de nombreuses années.
Le monde a changé depuis 1948. Le mot "mondialisation" résume bien cette évolution. "Comment faire en sorte que tous puissent profiter des chances de notre époque régie par la mondialisation?", s'est interrogée Angela Merkel.
Intégration et promotion
Aux yeux de la chancelière, la réponse la plus importante est la suivante: l'économie de marché ne peut convaincre que "si notre société permet une intégration et une promotion. Si cela n'est plus possible, les citoyens se détourneront de nous", a déclaré Mme Merkel.
Pour ce faire, les talents de tous doivent être encouragés, ceux des Allemands comme ceux des migrants.
Elle a rappelé les grands succès de certains dont les performances ont impressionné tout le pays, évoquant les prouesses de l'équipe allemande de football. Ces hommes sont tous issus de la migration. Pour la chancelière, il s'agit du meilleur exemple que "l'intégration vers la promotion" est possible.
Elle a également réaffirmé que l'Allemagne était l'un des grands gagnants de la mondialisation. "Mais tous ne peuvent en bénéficier." C'est pourquoi nous avons besoin d'idées nouvelles.
Et celles-ci ne peuvent pas automatiquement consister à dépenser plus d'argent. Le plus grand nombre possible de personnes devrait travailler. Mais Angela Merkel rejette le salaire minimum comme un "tueur d'emplois".
Elle plaide plutôt en faveur d'une aide de l'État au cas où le salaire se situerait en dessous d'un revenu minimum. L'un de ses arguments: l'expérience a montré que cela permettait aux chômeurs de longue durée de recommencer à travailler.
Chacun doit pouvoir être intégré sur le marché du travail et avoir ainsi également une chance d'être promu. "Il faut que nous tirions profit de tous les talents dont nous disposons", a réclamé la chancelière.
Ce qui l'a ramenée à son principal cheval de bataille: l'éducation! "Nous devons devenir la République éducative d'Allemagne", a déclaré Angela Merkel.
Conditions à l'"éducation pour tous"
La chancelière a entre autres nommé les conditions suivantes:
Les migrants doivent être intégrés dans notre société. Dans les grandes villes, près de 40 à 50 % des enfants proviennent en effet de familles issues de la migration.
Créer davantage d'emplois, ne pas contracter de nouvelles dettes.
Offrir une formation tout au long de la vie, de l'enfance à un âge avancé, afin de pouvoir faire face aux exigences de la mondialisation.
Dans les entreprises, confier plus de responsabilités aux employé(e)s.


