Des perspectives exceptionnelles mais aussi des risques considérables

mer., 26.09.2007
Devant l'Assemblée générale des Nations Unies, la chancelière fédérale Angela Merkel a réclamé une prise de conscience mondiale de la responsabilité commune. Ce n'est qu'ensemble que les États du monde pourront relever les principaux défis tels que le changement climatique, le commerce équitable et les minima sociaux, a déclaré la chancelière fédérale mardi soir à New York. L'Allemagne est prête à endosser davantage de responsabilités dans ce contexte.
La protection du climat révélera ce qu'il en est de la capacité à agir de la communauté internationale au XXIe siècle. "Les Européens en font l'expérience au quotidien sur leur propre continent: pris à part, chaque pays est trop petit, mais ensemble, nous obtenons de nombreux résultats", a expliqué la chancelière. 
Tous les pays sont concernés par les répercussions du changement climatique. Aucun d'entre eux ne peut en venir à bout seul. Ne pas agir entraînerait d'immenses coûts et de nouveaux conflits mondiaux. C'est pourquoi toute contribution provenant d'États individuels ou de groupes d'États est la bienvenue. Cependant, ces contributions ne pourront que compléter un accord de suivi du protocole de Kyoto sous l'égide des Nations Unies: elles ne le remplaceront jamais. 
La chancelière fédérale Angela Merkel (au centre), en conversation avec le porte-parole du gouvernement Ulrich Wilhelm, se rend à l'ouverture de l'Assemblée générale des Nations Unies.Source: REGIERUNGonline/Kugler Agrandissement En route pour l'ouverture de l'Assemblée générale des Nations Unies"Cette Assemblée générale des Nations Unies doit donc donner le signal pour la prochaine étape, à savoir la conférence sur le climat de Bali", a revendiqué Angela Merkel. Les ministres de l'Environnement doivent y élaborer un calendrier clair afin que les négociations puissent être conclues d'ici 2009.
 
D'ici le milieu du siècle, les émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent être au moins réduites de moitié afin de prévenir les graves conséquences du réchauffement de la planète. La chancelière avait déjà présenté la veille, lors de la réunion sur les changements climatiques organisée par les Nations Unies, la manière d'y parvenir.
 
>> Angela Merkel: Responsabilité commune mais de nature différente
 

Ensemble pour l'avenir

 
La chancelière fédérale a proposé à l'Assemblée générale trois principes définissant l'avenir des Nations Unies:
 
"Premièrement, les performances économiques et la responsabilité sociale vont de pair."
 
La chancelière est persuadée que, dans les relations entre les États et leurs citoyens ainsi qu'au sein du commerce mondial, la liberté de l'épanouissement personnel doit constituer le fil conducteur.
 
Outre des conditions équitables de commerce mondial, Angela Merkel considère la transparence des marchés financiers comme faisant aussi partie de la liberté, de même que la protection efficace de la propriété intellectuelle ainsi que les minima juridiques et sociaux. "Je suis persuadée qu'il ne pourra pas y avoir de concurrence équitable sans règles de jeu communes", a-t-elle insisté.
 
La cohésion et la solidarité ne peuvent toutefois être atteintes que dans le cadre d'un partenariat de développement mondial. Mme Merkel s'est de nouveau prononcée en faveur des objectifs du millénaire grâce auxquels la communauté internationale s'est fixé des exigences en matière de lutte contre la pauvreté. "Nous tiendrons ces promesses."
 
Par ailleurs, un vrai partenariat engage toutes les parties: "Et ce par le biais d'une lutte renforcée contre la corruption, une meilleure gouvernance et une plus grande protection des droits de l'homme", a souligné la chancelière fédérale. Elle a en outre rappelé l'idée directrice de la présidence allemande du G8 intitulée "Croissance et responsabilité dans l'économie mondiale".
 
"Deuxièmement, nous devons élargir la capacité d'action des Nations Unies."
 
Les Nations Unies constituent le lieu où peuvent être apportées des réponses communes et contraignantes aux défis mondiaux. Angela Merkel en est persuadée.
 
Toutefois, l'organisation a besoin d'être réformée, particulièrement en ce qui concerne son organe suprême: le Conseil de sécurité dans sa composition actuelle ne reflète en effet plus le monde d'aujourd'hui. C'est pourquoi nous n'avons pas d'autre choix que de l'adapter aux réalités politiques. "L'Allemagne est prête à assumer une plus grande responsabilité en occupant également un siège permanent au Conseil de sécurité", a affirmé la chancelière.
 
Malgré la grande diversité des conflits urgents, ces derniers ne peuvent être résolus que de manière multilatérale, selon Mme Merkel: "Unité et détermination sont les mots-clés."
 
Cela vaut également pour le contentieux avec l'Iran. "Si l'Iran venait à entrer en possession de l'arme atomique, cela aurait des conséquences dévastatrices, tout d'abord et notamment pour l'existence d'Israël, mais aussi pour l'ensemble de la région et enfin pour tous les habitants d'Europe et du monde", a-t-elle mis en garde. La communauté internationale ne doit pas se laisser diviser dans ses efforts visant à empêcher cette situation: "Ce n'est pas le monde qui doit prouver à l'Iran que l'Iran construit la bombe atomique. C'est à l'Iran de convaincre le monde qu'il ne veut pas de la bombe atomique", a insisté Angela Merkel.
 
L'engagement allemand dans ce dossier découle de la responsabilité historique particulière de l'Allemagne. "Cette responsabilité fait partie de la raison d'État de mon pays. Cela signifie qu'à mes yeux, en tant que chancelière fédérale de l'Allemagne, la sécurité d'Israël ne sera jamais négociable", a déclaré sans équivoque Mme Merkel à la communauté internationale. Conjointement avec ses partenaires européens, le gouvernement fédéral vise une solution diplomatique. Si le gouvernement iranien ne cède pas, d'autres sanctions plus sévères suivront.
 
L'unité et la détermination de la communauté internationale sont également requises dans d'autres domaines, comme dans la lutte contre le terrorisme international par exemple, ou encore pour la stabilisation de l'Afghanistan et du Darfour. Il convient également de s'engager de concert pour l'avenir pacifique du Kosovo et le règlement du conflit au Proche-Orient.
 
"Troisièmement, nous devons renforcer les valeurs immuables communes."
 
Afin que les crises et les conflits ne se résument pas à des luttes culturelles, la chancelière fédérale a plaidé en faveur de la tolérance des États entre eux. Chaque pays doit pouvoir suivre son chemin, "mais ce chemin doit se trouver à l'intérieur de la communauté internationale et pas à l'extérieur", selon Mme Merkel. Ce chemin est abandonné en cas de violations massives des droits de l'homme, comme au Darfour ou au Myanmar, ou encore en cas de meurtres politiques, comme au Liban.
 
"Nous devons trouver la force de ne jamais cesser d'appliquer nos valeurs communes que sont la liberté et la démocratie. Pour ce faire, nous avons besoin d'un fondement immuable. Ce fondement, nous l'avons: c'est la Charte des Nations Unies", a insisté Mme Merkel. Il s'agit du respect et de la dignité de tout être humain, ainsi que de l'avenir des peuples. L'Allemagne mettra tout en œuvre pour aider à protéger ces valeurs.
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